‹ Mâemoires du marquis de FerriáeresChapitre 17 sur 165 · SUR MADAME ROLAND. XXV · texte numérisé non relu

SUR MADAME ROLAND. XXV

Lyon avec son mari , madame Roland avait appelé , suivi , hâté, secondé tous ces grands mouvemens. La ville de Lyon se trouvait alors dans une situation malheureuse ; Roland fut chargé de porter ses sollicitations à l'Assemblée constituante : sa femme le suivit à Paris : « Je courus aux » séances , dit-elle , je vis le puissant Mirabeau, l'étonnant » Cazalès , l'audacieux Maury , le froid Barnave. Je re- )> marquai avec dépit, du côté des noirs (i) , ce genre de )> supériorité que donnent dans les assemblées l'habitude » de la représentation , la pureté du langage , les ma- » nières distinguées 5 mais la force de la raison , le cou- » rage de la probité, les lumières de la philosophie, le » savoir du cabinet, et la facilité du barreau , devaient » assurer le triomphe aux patriotes du côté gauche , s'ils » étaient tous purs et pouvaient rester unis. »

De toutes les fautes que fit l'Assemblée constituante , la plus grave , peut-être, fut d'avoir interdit à ses membres l'entrée de la première législature. Ils y auraient pu défendre , réformer , ou consolider leur ouvrage. Parmi beaucoup d'adversaires dangereux , la constitution de 1791 ne compta dans l'assemblée nouvelle que peu de partisans sincères. Les departernens y envoyèrent en général des députés plus avides de célébrité que de repos , des hommes plus remarquables par leurs talens que par leur expérience, plus disposés à jouer le rôle de tribuns que celui de conciliateurs : nulle députation ny parut avec plus d'éclat que celle de la Gironde. L'art du raisonnement et le pouvoir de la parole y plaçaient au premier rang Gen-

(1) C'est une singularité' digne Je remarque peut-être , que l'on donnait alors dans un parti , l'e nom de noirs aux hommes qui sont designés aujourd'hui précisément par une e'pithète opposée.

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