‹ Mâemoires du marquis de FerriáeresChapitre 18 sur 165 · XXVI NOTICE · texte numérisé non relu

XXVI NOTICE

sonné, Guadet, et Vergniaux surtout qui parut plus d'une fois rallumer à la tribune les foudres que lançait Mirabeau. Dans cette lutte, qui commença avec l'Assemblée législative et finit avec la monarchie , tout un intervalle de dix mois fut rempli de leurs intrigues et de leurs fautes , de leurs combats et de leurs succès. Plus orateurs qu'hommes d'Etat , et doués de qualités qui les rendaient plus propres à renverser qu'à maintenir, ils attaquèrent sans relâche , et parurent cependant combattre sans plan. On peut croire que les promesses de la Cour ne les rassuraient pas sur sa sincérité: il est juste d'ajouter que leurs discours n'étaient point de nature à la tranquilliser sur leurs entreprises. Membres brillans de l'opposition dans un gouvernement bien établi , ils furent les plus redoutables ennemis d'une constitution qui les avait appelés et qu'ils renversèrent 5 mais soit dans leurs succès, soit dans leurs revers, ils n'eurent point de plus ferme appui , de partisans plus déclarés , de défenseurs plus intrépides , d'amis plus fidèles que Roland et sa femme.

Dans un de ces momens où la Cour irrésolue, cherchant du secours au milieu de ses adversaires, avait demandé des ministres aux Girondins , ils portèrent Roland au ministère de l'Intérieur -, et pour l'assiduité au travail , l'austère probité , le savoir et le zèle , jamais choix ne fut plus digne d'éloges. Roland parut aux Tuileries avec une simplicité de costume qui était dans ses mœurs ; la frivolité des courtisans y vit le renversement de la monarchie. Il fit entendre le langage de la vérité au conseil , et ce langage, un peu nouveau à la Cour, parut encore plus rude et plus importun dans sa bouche. On trouva d'abord à Roland le ton d'un censeur chagrin, et bientôt

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