‹ Mâemoires du marquis de FerriáeresChapitre 32 sur 165 · XLVI NOTICE · texte numérisé non relu

XLVI NOTICE

)> Le sang qui coule par torrent dans ma patrie me v dicte cet avis.

)> Ces massacres ne peuvent être inspirés que par les » plus cruels ennemis de la France. Ils auront bonne » composition d'un pays dont on aura fait fuir ou assas- » siner les meilleurs citoyens.

» Non la crainte, mais l'indignation m'a fait quitter » ma retraite au moment où j'ai appris qu'on avait égorgé » ma femme. Je n'ai pas voulu rester plus long-temps sur )> une terre souillée de crimes. »

Ainsi périrent Roland et sa femme. Le savoir, la probité, les lumières de Roland furent à peine utiles à son pays dans ces temps d'orages où il eut moins souvent occasion de montrer ses talens que son caractère. Comme savant , il a laissé des travaux estimés ; comme citoyen , d'honorables souvenirs ont marqué sa carrière. La rigidité de ses principes avait quelque chose de l'esprit de secte } son opiniâtreté devint vertu, quand il fallut résister aux pervers. Il opposa une vie pure à la calomnie, et la fermeté d'un homme de bien à l'audace de ses persécuteurs. Ses intrépides regards les bravaient encore au sein de la Convention même *, il allait chercher ses amis dans les rangs de ceux que la Montagne dévouait à la proscription -, il prévoyait leur sort , il voulait en partager les périls et la gloire. Placé dès les commencemens du combat dans l'alternative de vaincre avec les Jacobins, ou de succomber avec la Gironde , il semblait avoir pris pour devise ces deux vers de Condorcet :

Ils m'ont dit : Choisis d'être oppresseur ou victime ! J'embrassai le malheur et leur laissai, le crime.

Le même courage eut , chez madame Roland , des causes et des effets diflerens : l'énergie du caractère tenait

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