‹ Mâemoires inâedits et opuscules de Jean Rou (volume 2)Chapitre 108 sur 174 · TÉRENCE · texte numérisé non relu

TÉRENCE

mot, Térence a plus d'art que Plaute, mais Plaute a plus d'esprit que Térence; Térence fait plus parler qu'agir, et Plaute fait plus agir que parler. Cela suffit, ce me semble, pour faire pencher la balance du côté de Plante ; car puisqu'il s'agit de mérite entre auteurs de pièces de théâtre, et que le véritable caractère de la comédie consiste beaucoup plus dans l'action que dans le discours, il résulte de tout ce qui vient d'être dit que la vivacité de l'action et le nœud des incidents et des intrigues, régnant entièrement dans les pièces de Plaute, au lieu qu'ils ne paraissent presque point dans celles de Térence, tout ce qu'on peut dire en faveur de ce dernier est qu'il doit être estimé comme un auteur parlant fort juste, au lieu que Plaute doit être admiré comme un véritable poëte comique. Il y a dans Horace un passage fort célèbre sur la préférence entre ces deux auteurs à l'égard duquel les critiques se trouvent fort partagés, c'est celui de Y Art poétique (v. 270), où les admirateurs des prétendus bons mots de Plaute sont comme traités de sots ; mais cela vient encore de ce qu'on ne s'entend guère bien sur cet article, non plus que sur celui dont nous avons déjà traité ; on demeure d'accord que Plaute a quelquefois des railleries froides, des jeux de mots et des quolibets, qui ne pouvant plaire à un siècle et à une cour aussi polis qu'étoient le siècle et la cour d'Auguste (au lieu que cela étoit supportable dans un état républicain, et en un siècle comme celui de Plaute), il ne faut pas s'étonner si Horace, qui étoit fait à ce bon goût-là, rejettoit des traits si insipides ; mais ces quolibets et ces fades plaisanteries de Plaute, étant récompensés d'ailleurs par une infinité d'autres traits, véritablement beaux» et délicats, il faut de toute nécessité rendre cette justice à Horace, qu'à cet égard il ne refusoit nullement à Plaute la louange qui lui étoit due, et que si d'un côté la censure d'Horace, comme on ne sauroit en disconvenir, est bien fondée, il faut avouer d'ailleurs qu'elle ne tombe pas tant sur Plaute que sur ceux qui n'admiroient en lui que ces sortes de fadaises, et

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