‹ Mâemoires inâedits et opuscules de Jean Rou (volume 2)Chapitre 110 sur 174 · LE COMTE DE DUNOIS · texte numérisé non relu

LE COMTE DE DUNOIS

Anecdote curieuse sur le comte de Dunois, etc.

C'est qu'on est fort persuadé que tout le fait si surprenant de la Pucelle, ne fut qu'une intrigue ménagée adroitement par le comte de Dunois, dont cette vaillante fille étoit une espèce de maîtresse; lequel comte ayant découvert en elle un esprit et un courage propres à exécuter des desseins extraordinaires, et voyant d'autre côté avec un très grand chagrin que les affaires si décousues des Français n'étoient qu'un effet de terreur panique, dont on les pouvoit faire revenir à l'aide de quelque innocent stratagème , il emboucha si bien cette fille sur la pièce qu'il avoit imaginée, et des rôles de laquelle il lui vouloit faire jouer le principal personnage, qu'aussitôt qu'elle y eut donné les mains et que les autres machines nécessaires furent en état d'agir, il la fit paraître sur le grand théâtre de la cour, la produisant et la présentant lui-môme au roi.

Catastrophe surprenante en Hongrie et en Bohême,

Et réflexion très importante sur le passage d'un gouvernement à l'autre, entre le règne du roi Ladislas tant en Hongrie qu'en Bohême, et ceux de Mathias Corvin et de George Pogébrac, entre lesquels, après la mort de ce grand prince , ces deux couronnes furent partagées.

Le fait est, que Ladislas $ roi de Hongrie et de Bohème en l'année 1444, étant au plus haut faîte de sa gloire, il la ternit d'une manière si indigne et en même temps si cruelle, que, contre sa parole donnée, il fit trancher la tête à l'aîné des deux jeunes Corvin, fils du fameux Jean Munyade, à qui il avoit les dernières obligations. Le malheureux décapité y fut pour son

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