‹ Mâemoires inâedits et opuscules de Jean Rou (volume 2)Chapitre 113 sur 174 · RAPIN-THOYRAS · texte numérisé non relu

RAPIN-THOYRAS

qu'il rompit notre partie carrée en se proposant pour cinquième ; il fit plus, car ayant remarqué que M. de la Devèze qui étoit celui qui nous assembloit chez lui de la sorte, ne nous laissoit jamais partir sans nous présenter une tasse de café suivie de quelques verres de joli vin; M. de Rapin, dis-je , nous pria de vouloir bien que désormais notre petite assemblée se tînt chez lui, ce qui fut exécuté, et il nous régaloit toujours fort galamment. Les charmes de cette innocente société, parvenus bientôt aux oreilles de nos plus délicats esprits ne manquèrent pas de les enchanter, et ils nous prièrent fort de les vouloir bien incorporer parmi nous , ce que leur mérite ne nous permettoit pas de leur refuser. Ils étoient trois , M. de Beauval, M. Térond et M. Martel; mais ce dernier ne se présenta que quelques mois après les deux autres; et jusqu'à ce qu'il vînt à être installé, notre nombre se trouvant borné au septénaire, nous donnâmes à notre petite académie le nom de Pléiade ; mais le principal titre dont nous ayons paru nous faire la plus sérieuse affaire, fut celui que nous imposa notre galant instituteur même, savoir : celui de la Féauté, à cause des qualités dont nous nous faisions tous le plus d'honneur, savoir, la probité, la candeur, la droiture, la complaisance et surtout l'attachement inviolable aux intérêts de toute la société , tous caractères que notre spirituel fondateur renferma au bout de quelques jours dans ce quatrain qu'il mit à la tête de neuf autres, lorsque après le décès de M. des Forges que nous perdîmes autour de ce temps, savoir le 22 janvier 1706, âgé de 74 ans 7 mois, MM. Basnage et Lassara eurent été installés à leur obligeante réquisition , ce qui nous porta, en quittant notre premier titre de Pléiade, à prendre celui des neuf muses ; voici quel étoit ce quatrain de notre illustre instituteur :

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