CARACTÈRES DE LA FÉAUTÉ
Un féal, c'est un honnête homme, Dtm esprit droit, doux et poli, Qui fréquente Athènes et Rome, Sans y prendre aucun mauvais pli.
2(50 l'académie de la fealté
Ce seroit ici le lieu de donner quelque idée de la manière dont cette petite académie de la Féautê remplissoit toutes ses fonctions; et je pourrois dire là-dessus que cela se passoit à peu près, comme dans les fameuses mercuriales de feu M. Ménage, c'est-à-dire que sans qu'il y eût aucune matière préparée pour chaque conférence , insensiblement la conversation de tant de personnes savantes et polies faisoit naître des sujets de dissertation curieuse, où chacun , selon qu'il se trouvoit en état de dire son sentiment avec quelque succès, étaloit tout ce que, ou la fécondité de son esprit ou le bonheur de sa mémoire lui présentoit de plus à propos; mais une lettre de M. de Rapin que je vais produire par plus d'une raison, satisfera encore bien mieux le lecteur sur cet article, que tout ce que je pourrois imaginer là-dessus ; et voici ce qui donna lieu à cette lettre :
Vers le commencement de mai 1 707, M. de Rapin fut obligé pour le bien de ses affaires de quitter la Haye et de se transporter à Wézel avec toute sa famille. Si tôt qu'il se vit délivré de tous les embarras de son nouvel emménagement, il nous écrivit une lettre générale sur l'état où il se trouvoit depuis notre séparation, et qui est cette même lettre dont je viens de parler ; ce fut M. Martel qui nous la présenta de sa part à l'une de nos séances, la mettant sur la table dont nous nous servions, afin qu'on en fit l'ouverture. M. de la Devèze, qui étoit notre doyen, demanda si l'on ne jugeoit pas à propos que ce fût moi qui en fisse la lecture, ce qui ayant été consenti, j'ouvris la lettre dont la suscription étoit telle :
A Messieurs de l'illustre et savante Fêauté > sy assemblant à la
Haye.
Messieurs ,
« Quoique je ne doute pas que 31. Martel ne vous ait assurés < de ma part de la continuation de tout mon estime et de ma