‹ Mâemoires inâedits et opuscules de Jean Rou (volume 2)Chapitre 117 sur 174 · AVEC ROU · texte numérisé non relu

AVEC ROU

« pentir ; car enfin je ne doutois nullement que vous ne dussiez « achever la traduction que vous aviez commencée, et j'avois « toujours compris que si vous ne la continuiez pas, ce seroit « parce qu'on ne voudroit pas assez reconnaître votre peine ; « mais je ne puis m1 empêcher d'être surpris que ce livre soit « sorti de vos mains sans qu'on soit entré en aucune condi- « tion avec vous; il me tarde de savoir si mes conjectures se « trouveront bien fondées.

« Je crois que le recueil de pièces fugitives que vous avez « fait ne pourroit pas manquer d'être bien reçu du public, « aussi bien que les anecdotes littéraires, si vous trouviez « moyen de vous en accommoder avec quelque libraire. Quant « au Mariana, vous savez mes sentiments là-dessus, ainsi je n'y « puis rien ajouter présentement; seulement je vous dirai que «je frémis de dépit, quand je pense que Van der Aa fait n une dépense prodigieuse pour imprimer les livres d'un « M. Rogissart; que les livres de Châtelain s'impriment et se « gravent à grands frais ; et qu'une bonne traduction de Ma- « riana demeure au croc par la stupidité des libraires. 0 sœcu- « la! 6 mores! Où sont les Vascosan, les Estienne, les Plantin, « et autres libraires capables de juger des livres ! il ne reste « plus que des Mortiers et des Van der Aas, qui semblent avoir « pris à tâche de ruiner la république des lettres, en faisant « occuper dans les bibliothèques, par une foule de mauvais li~ « vres, les places qui devroient être réservées pour les Maria-* « nas français et autres livres de cette nature.

« Tous me ferez plaisir de me communiquer vos deux dis- « sertations ; M. Martel, qui doit me venir voir dans peu de « temps, voudra bien s'en charger ; je me ferai toujours un très « grand plaisir de voir les productions de mes amis, et surtout « celles qui partent d'un ami pour qui j'ai toute l'estime et la « considération possibles. Je suis, etc.

« Thoyras-Rapitn.

« A Wézel, le 12 août 1707.

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