C)# CORRESPONDANCE DE RAPIN-THOYRAS
P. S. (1)*— J'ai eu du plaisir à voir dans les journaux de « M. de Beauval les savantes dissertations que vous avez faites « sur des matières dont peu de personnes sont capables de pé- « nétrerles difficultés, et moins encore de les dénouer avec la « clarté et la facilité dont vous le faites. Je ne doute pas qu'elles « ne vous fassent honneur parmi le monde savant; — tout est « là plein de bon sens, de netteté et de science, et vous pour- « riez dire à plus juste titre que M. Ménage, qu'il y a plus de « dix éruditions dans chaque page. — Nous lûmes ensemble « votre dernier cahier, mon frère et moi, et le trouvâmes fort « bien écrit et avec beaucoup de discrétion ; et nous con- « dûmes qu'il seroit très avantageux au public d'avoir les ca- « ractères de tous les hommes distingués dans l'antiquité, de « la môme main. »
Un ouvrage très important que M. de Rapin avoit entrepris dans la vue de ne pas demeurer oisif dans ce grand loisir de sa retraite dont j'ai parlé, l'occupa tellement vers le temps des lettres, dont on vient de voir qu'il m'honoroit, que toute une année se passa sans que j'en reçusse aucune de lui. Enfin, cet ouvrage étant comme achevé, il me fit l'honneur, non seulement de m'en communiquer tout le plan, mais de me consulter même, et de me demander mon avis sur des difficultés, des doutes et des scrupules qui l'embarrassoient, nï assurant qu'il n'attendoit que mes décisions pour se déterminer. Je n'eus garde de prendre au pied de la lettre tout ce que M. Rapin me disoit d'obligeant sur cet article; mais je lui dis du moins tout ce que je pensois de son dessein et des fragments qu'il
(1) N. B. Tout ce morceau que j'ai mis sous l'idée d'un P. S. est tiré de trois différentes lettres de M. Rapin, qu'il eût été hors d'œuvre de mettre ici dans toute leur étendue. Ce qui forme le premier tiers est tiré d'une lettre du 18 septembre 1708; le second tiers est d'une autre du 25 septembre 1707; et le troisième tiers est d'une du 1" janvier 1709.
N. B. que par une espèce d'inadvertance ou d'oubli, ces trois extraits et même la lettre entière qui les précède, se trouvent comme répétés en un endroit ultérieur do cette 4r partie de mes Mémoires,