‹ Mâemoires inâedits et opuscules de Jean Rou (volume 2)Chapitre 120 sur 174 · CORRESPONDANCE DE RAP1N-ÏHOYRAS · texte numérisé non relu

CORRESPONDANCE DE RAP1N-ÏHOYRAS

Il a été agréablement touché, ce pauvre cœur, à la récep- « des obligeants témoignages du vôtre, d'autant plus que j'é- « tois un peu en peine de votre long silence , quoique, dans la « vérité, je n'aie jamais eu garde de vous soupçonner du moin- « dre refroidissement en mon endroit ; mais vous savez que plus a on aime plus on est inquiet; et comme dit le poëte, que vous « connaissez si bien :

Res est solliciti plena timoris amor.

« ou, comme dit l'Italien :

Amor fa sempre un fier tormento.

« Mais, à propos de poètes et de passages poétiques, j'ai une « très humble prière à vous faire. Il n'est pas que vous n'ayez « connaissance du 173e sonnet de Pétrarque (1) :

Rapidofiume, etc.

« qu'une infinité de beaux esprits de toutes nations ont pris « plaisir de tourner chacun en sa langue. J'ai une raison de « désirer le voir en beau français, et je ne connais que vous « propre à bien faire cela de la manière que je l'entends. Yoici, « pour vous donner moins de peine à en déterrer le sens, dont « tout les interprètes ne conviennent pas, en ce qui regarde « la fin du premier tercet , voici, dis-je, comment quelqu'un , « qui ne se vouloit pas commettre à faire des lignes rimées de « douze ou treize syllabes, l'a expliqué en prose française :

§ 4. Fleuve rapide qui, au sortir des Alpes où tu prends ta source, tirant principalement ton nom de la violence dont tu ronges les bords de ton rivage, ne témoignes rien désirer si fort que de descendre avec moi nuit et jour aux lieux où tu es mené par la seule nature, et moi uniquement par mon amour.

§ 2. Prends les devants, puisque ta course n'est arrêtée ni par la lassitude ni par le sommeil, et avant que d'aller payer à la mer le tribut de tes eaux, arrête-toi à l'endroit où tu verras l'herbe la plus verte et l'air le plus serein former un séjour délicieux.

§ 3. C'est laque mon doux soleil, ornant tes rives par ses bénins rayons,

(1) Ou plutôt 174r, y ayant faute dans mon édition, comme je l'ai déjà dit dans 111, 141. [Note de l'auteur.]

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