‹ Mâemoires inâedits et opuscules de Jean Rou (volume 2)Chapitre 16 sur 174 · IFS CHEVAUX DE BRONZE · texte numérisé non relu

IFS CHEVAUX DE BRONZE

chacun de très bonnes raisons, quoique dans des vues fort différentes et sur une grande variété de principes. Les académistes écuyers s'arrètoient à ce qui étoit du ressort de leur juridiction et de leur connaissance en fait de chevaux, et qui résultoit des secrets de leur profession ; sur quoi ils trouvoient que la nature est plus exactement suivie dans toutes les parties de cette figure du Pont-Neuf, qu'elle ne Test dans celle de la place Royale. Les académistes peintres, au contraire, laissant là cette considération, trouvoient que le cheval de la place Royale , est désigné d'une manière plus pittoresque (pour me servir de cette expression , qui est le vrai terme de l'art ) et qu'en un mot il y a plus de goût dans cette attitude que dans l'autre. Cela fait voir ce que c'est en général que le jugement des hommes ; car ce n' étoit pas là de ces disputes qui sont entre des ignorants et des savants ; c' étoit, au contraire, une diversité d'envisagement entre des personnes également pourvues de capacité et de connaissance , mais de différentes professions. Outre qu'il faut remarquer que les deux sujets de

comte de Northumberland, était une de ces écoles où les jeunes gens de familles nobles apprenaient à monter à cheval et se perfectionnaient dans les autres exercices du corps.

Nous lisons dans un almanach du temps :

« Les académies où l'on instruit la noblesse dans les sciences et dans les arts qui regardent la discipline militaire, et dans tous les exercices de la danse, sont au nombre de cinq (sic), savoir : celle de M. Coulon, rue Ferrou, près Saint-Sulpice ; celle de M. de Longpré, au carrefour Saint-Benoît; celle de M. Bernardi, rue de Gondé, et celle de M. de Rocquefort, dans la rue de l'Université. (Les Adresses de la ville de Paris, avec le trésor des almanachs, par Abraham du Pradel. Paris, 1691. (Bibl. de Rouen, coll. Leber.)

L'Académie Coulon avait probablement succédé à l'Académie de Mesmon, appelée quelquefois la Royale, située à peu près au même endroit, et qui, en changeant de maître, aurait pris le nom de son nouveau chef.

Claude Malingre en parle ainsi, dans ses Antiquités de la ville de Paris, éd. de 1640 :

« Dans ce faubourg (du Pré-aux-Glercs) sont plusieurs académies, où la noblesse apprend à monter à cheval ; la plus fréquentée est celle de M. de Mesmon, où il y a un prince de Danemark et un des princes palatins du Rhin et quantité d'autres seigneurs étrangers. Cette académie est au bout dp la rue des Canettes, proche Saint-Sulpice. »

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