SUR LE MOT « ALPESTRE
« teurs, à la première vue, ce qui est juste, et ce qui ne Test pas; et moi, petit mirmidon, oserois-je prétendre de vous en faire accroire? C'est, je vous assure, ce à quoi je n'ai jamais pensé. Recevez donc, s'il vous plaît, ma justification à cet égard, avec votre bonté ordinaire, et soyez assuré de ma parfaite estime. Mais c'est trop peu ; je dois ajouter encore des assurances d'une parfaite reconnaissance de ce que vous dites de moi et de ma famille dans vos Mémoires ; votre affection pour moi et votre bon cœur vous ont sans doute entraîné trop loin quand vous avez eu la main à la plume, pour parler de moi en termes aussi avantageux que vous le faites, ou bien vous avez compté sur le retranchement que le public fait ordinairement des louanges, et que quand il en ôtera les trois quarts, il en restera encore assez. Quelque sensible que je sois à l'approbation d'un homme tel que vous qui se connaît si bien en mérite, ce qui ne peut que m' être très avantageux, je le suis encore plus aux marques sensibles que je reçois par là de votre amitié qui m'est encore plus chère que la réputation que vous voulez me donner dans le monde. J'écris aujourd'hui à mon frère, et lui fais part de ce que vous dites de notre famille, et je le prie de remplir les vides qui s'y trouvent et sur lesquels vous me demandez des instructions plus particulières, à quoi je m'assure qu'il ne manquera pas, non plus qu'à vous remercier, comme il le doit aussi bien que moi. Ma femme, à qui j'ai fait voir l'éloge que vous faites d'elle, m'a chargé de vous en remercier; je crains quasi que vos louanges ne lui fassent perdre la modestie dont vous la louez, et ce ne seroit pas la première fois que de pareilles louanges auroient produit un semblable effet ; elle vous assure de ses très humbles services. En mon particulier, soyez persuadé que je suis avec une parfaite estime, mon très cher Monsieur, votre, etc.,
« Thoyras-Rapijn.
« A Wézel, '21 avril 1711. »