‹ Mâemoires inâedits et opuscules de Jean Rou (volume 2)Chapitre 167 sur 174 · PAGE 113, LIGNE 2 ET 3, ET NOTE · texte numérisé non relu

PAGE 113, LIGNE 2 ET 3, ET NOTE

Ménage a imprimé dans ses Mescolanze une lettre adressée par lui aW illustrissima s'ignora, la signora Maria délia Vergna, datée du 17 janvier 1654, et une autre lettreà M. Costard, avec une réponse de ce dernier, dont la première moitié est rapportée ci-après par Rou (page 134), le tout au sujet des trois madrigaux.

— PAGE 12a, LIGNE 6. —

Votre Index sera un opéra... — Opéra, dans le sens italien de ce mot, c'est-à-dire œuvre par excellence , chef-d'œuvre.

Osserrazioni sopra V Aminta del lasso. Paris, 1653, in- 4°. Origini délia lingua italiana. Paris, 1 669, in-4°.

Lo Smunto, secrétaire. — On lit dans une lettre française de l'abbé de Saint-Laurens à Ménage, écrite de Florence le 10 juin 1657, insérée dans les Mescolanze : « Il seroit aussi bien à propos que vous écrivissiez à M. Si- « mon Berti. Les remarques de l'Académie sur votre Auguste ont passé par « ses mains. Et vous verrez au bas de toutes les lettres que vous avez reçues « de l'Académie le nom de Lo Smunto, qui est son nom de guerre, je veux « dire son nom d'académicien. Il a soixante-six ans, et il est le seul vivant de « tous ceux qui ont travaillé au Dictionnaire de la Crusca. On le prend tou-

« jours pour arbitre des contestations sur la langue, et il y a fort longtemps « qu'il est secrétaire de l'Académie. Il n'y a personne avec qui vous puissiez « entretenir plus de commerce qu'avec lui et avec M. Carlo Dati, qui est « sous-secrétaire.... »

Le texte de cette lettre se trouve dans les Mescolanze,

— page 137, lignes 6, 7 et 8. —

Cette lettre est celle du 10 juin 1657, dont nous venons de citer le passage sur Lo Smunto.

Dictionnaire étymologique ou Origines de la langue française. Paris, 4650, in-f°.

Miscellanea. Paris, 1652, in-4°.

— page 137, ligne 15. —

Ces mots de Balzac sont tirés de sa lettre à Ménage, placée en tête du traité intitulé Le Barbon, qu'il lui a dédié, et qui parut à Paris, en 1648, in-8°. Rou aurait pu ajouter que dans cette même lettre Balzac s'exprime aussi en ces termes sur la Vie de Mamurra : « Je ne crois pas que les satires de « Varron, qui fut nommé le plus docte de tous les Romains, fussent ni plus « doctes ni plus romaines. Je crois pour le moins que depuis la mort de « l'empereur Claude, de ridicule mémoire, on n'avoit point su rire en latin « si bien et si agréablement que vous l'avez fait. En ce temps-là la philoso- « phie de Sénèque voulut s'égayer, comme depuis peu la vôtre s'est réjouie. (( Mais l'importance est que vous avez communiqué votre joie aux plus « graves de nos sénateurs et aux plus vénérables de nos prélats. Vous avez « déridé le front des sévères, et avez mis les tristes en belle humeur. Je dis « davantage : quoique la matière que vous avez choisie soit moins de la « cour que du collège, vous l'avez traitée de telle sorte qu'elle a mérité la « curiosité des cavaliers et des dames ; et quelqu'un me mande de Paris « qu'on ne sauroit faire plus de plaisir à tout ce beau mande que de « lui faire voir votre Mamurra en langue vulgaire. Mon Barbon seroit « heureux d'être de sa suite Vous lui faites trop d'honneur de le défi sirer »

Bayle, meilleur juge encore que Balzac, dit qu'il ne croit pas que Ménage ait jamais rien fait où l'érudition, l'esprit et la politesse de langage aient mieux paru ensemble. Ménage n'avait que vingt-quatre ans lorsqu'il composa, en 1 636, cette vie de Mamurra qui fut son premier ouvrage, et où il déploya infiniment de savoir et de verve. «La latinité en est exquise, dit Sallengre, on croirait lire quelque ancien. L'ironie y est parfaitement soutenue d'un bout à l'autre; il n'y a pas une ligne, pas une phrase, pas un mot qui ne porte coup : l'érudition et l'esprit y marchent d'un pas égal. » — « Je ne me lasse point, disait encore Balzac dans une de ses lettres, de lire la vie de Mamurra, je l'ai trouvée plus belle et plus nouvelle la dixième fois que la première. »

Quant au Barbon de Balzac, Ménage dit que ce n'était pas son meilleur ouvrage, et Bayle trouve bien que le style en est trop sérieux, que la plaisanterie n'y est pas tournée avec assez de facilité et de gaieté, mais il ajoute que le ridicule de la pédanterie y est marqué vivement et heureusement par des caractères très singuliers. Nous en citerons un passage :

« Il (le Barbon) avoit entrepris d'écrire l'histoire des premiers troubles ; et si de bonne fortune une fluxion, qui lui tomba sur la main droite, n'eût arrêté l'impétuosité de sa plume, il n'y eût pas eu assez de papier en France, pour continuer ce qu'il avoit commencé. Il étoit déjà au quinzième ou au seizième volume, et n'étoit pas encore à la cinquième ou à la sixième année. Il employoit les sept premiers livres en la seule conjuration d'Amboise; et la moindre chose que faisoit la Renaudie dans ses assemblées secrètes, étoit de faire boire du sang humain à ses compagnons, en jurant par les mânes de Catilîna et de Céthégus. Le colloque de Poissy emportoit la moitié d'une décade, bien que le ministre Bèze s'excusât de ce qu'il avoit parlé si peu, et que le cardinal de Lorraine remît la partie à une autre fois. La harangue du connétable de Montmorency en la plaine de Saint-Denis duroit beaucoup plus que ne dura la bataille. Entre autres présages de sa mort, il racontoit que le matin de la fatale journée, voulant lire une dépêche, ses lunettes eurent de la peine à s'ajuster à son nez, et que le jour auparavant dînant en festin, ils se trouvèrent treize à table, et qu'un plat lit verser une salière. Il ne se contentoit pas de dire qu'on lui fît de magnifiques obsèques et une éloquente oraison funèbre : il étoit plus exact que le maître des cérémonies, et plus long que l'orateur qui parla. Il mesuroit et coupoit lui-même toutes les aunes de velours noir, dont on tendit les parois de Notre-Dame. Il comptoit et allumoit tous les cierges de la chapelle ardente ; et au lieu de faire l'abrégé de ce qui fut récité à la louange du grand connétable, ce qui fut récité n'est que l'abrégé de ce qu'il en écrivoit... »

Voici une anecdote qui se rapporte à Guillaume du Bellay, sire de Langey, l'auteur des Mémoires :

« ... Mais qu'advint-il à un autre gentilhomme de marque, du vivant de M. de Langeay? Ce seigneur, comme chascun sçait qu'il estoit fort amateur des lettres et des gens lettrez, avoit convié, deux diverses fois, quelques siens amis au disner, avec promesse de leur donner d'un bon épigramme à l'entrée de table : à quoy ce bon gentilhomme ayant pris garde, et estant retourné en son logis, commence à faire la guerre à son cuisinier, luy disant qu'il n'estoit qu'une beste auprès du cuisinier de M. de Langeay, et qu'il lui fauldroit fendre les pieds et l'envoyer paistre. Ce povre cuisinier, tout esperdu, trouve moyen en la fin d'entendre dont venoit le mescontentement de son maistre ; et ayant sceu que c'estoit pource qu'on ne le servoit point d'épigrammes à l'entrée de table, comme M. de Langeay en estoit servi, commence à feuilleter tous les registres cuisinaux et toutes ses vieilles Chartres, tous les mémoriaulx de saupiquets et salmigondis; et, non content de cela, s'adresse à tous ceux de sa profession desquels il espéroit en sçavoir quelques nouvelles, et finablement au cuisinier mesme de M. Langeay, lequel cuisinier eut sa part de l'estonnement : et ainsi que ces deux officiers estoyent sur ces termes, survint un gentilhomme qui aida à achever la farce, à laquelle toute la cour prit un singulier plaisir. J'ai raconté ces deux histoires (lesquelles je tien de bon lieu , et toutes-fois aucuns racontent la première un peu autrement) pour monstrer la pitié que c'est de courtisans qui n'ont point de lettres, et en quel danger ils exposent leur honneur, au moins à l'endroict de ceux qui réputent l'ignorance à déshonneur, au lieu qu'ils se veulent faire valoir par leur langage nouvellement forgé. De ma part je puis asseurer avoir ouy souventes fois, en bonne compagnie, de la bouche de ceux qui plus s'escoutoyent parler et pensoyer le mieulx pindarizer, des mots escorchez, les uns du latin, les autres de l'italien, auxquels il n'y avoit pas moins à rire qu'aux Athéniens et Lacédémoniens; et toutesfois, pour leur qualité que je respectois, je ne leur osois faire tant de bien que de les redresser. » {Conformité du langage français avec le grec, par Henri Estienne.)

. . . Riolé etpiolé comme une chandelle des Rois...— C'est-à-dire, barriolé. Celte locution proverbiale se trouve aussi dans les lettres de madame de Sévigné.

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