‹ Mâemoires inâedits et opuscules de Jean Rou (volume 2)Chapitre 25 sur 174 · R0U FAIT ('NE TRADUCTION · texte numérisé non relu

R0U FAIT ('NE TRADUCTION

cependant été annoncé d'une manière assez honorable par feu M. de Beauval (1), et M. Bayle, pareillement défunt, n'en avoit pas conçu une idée moins avantageuse, à cause de quelques remarques critiques que je lui avois communiquées sur quelques endroits à reprendre selon moi dans ce fameux historien nonobstant toute sa réputation ; et comme ces morceaux ont paru assez curieux à bien des gens très capables qui les ont vus, peut-être ne sera-t-on pas fâché de les trouver ici.

dissertation critique sur L Histoire d! 'Espagne, de Mariana.

Je me suis fort longtemps étonné de ce qu'après tant de belles traductions que les Français ont données au public de tout ce qu'il y a de plus excellents originaux dans toutes les parties des belles-lettres, personne ne s'étoit encore avisé de travailler sur un historien d'aussi grande réputation qu'est Mariana, jusque-là qu'un très grand homme n'a point fait difficulté de le mettre en parallèle avec Mézeray, ce qui n'est pas un petit éloge; car je compte pour rien deux versions de cet auteur que l'on me dit avoir été faites, parce que de la manière dont de très bons juges en parlent, l'une n'a pas été jugée digne de l'impression, et que l'autre est depuis longtemps trop surannée. Mais l'étonnement dont je viens de parler a de beaucoup diminué depuis, lorsque ayant formé le dessein de travailler moi-même à ce que j'eusse bien voulu voir entreprendre par d'autres (â) , j'ai découvert dans l'exécu-

(1) « Le public ne sera pas fâché d'apprendre que M. Roux (sic) secrétaire et i nterprète des langues étrangères de MM. les Etats généraux,, bien connu dans la république des lettres et en particulier par ses Tables chronologiques, qui lui ont attiré des chagrins honorables, travaille à une traduction française de Mariana. On sait que cet auteur espagnol a d'abord écrit son Histoire d'Espagne en latin et d'un style fort concis et fort serré. Il l'a traduite lui-même en espagnol; il est un peu plus diffus dans sa langue, et même il pousse le cours de son histoire bien plus loin que dans le latin. M. Roux, dans son travail, compare le latin et l'espagnol, afin de mieux rendre le sens de son auteur ; il l'enrichit de réflexions politiques, de notes de critique, de remarques de géographie, d'histoire et de chronologie et de diverses particularités qui concernent la vie des hommes illustres. Et afin que l'on ne soit point embarrassé dans la narration par le changement des noms., M. Roux a dressé lui-même avec une extrême exactitude une carte géographique, pour le parallèle entre la géographie ancienne et moderne. Il y aura aussi un indice très ample. » (Histoire des ouvrages des savants, par Basnage de Beauval. Novembre 1693.)

(2) Quinze ans après la mort de Rou, il parut une traduction française assez complète de VHistoire d'Espagne de Mariana, par le père Gharenton ; c'est celle qui de nos jours encore paraît être la plus usitée. En voici le titre : Histoire générale du père Jean de Mariana, de la compagnie de Jésus; traduite en français,

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