BAYLE CRITIQUE
pour rien et puisque il se trouve deux ou trois propositions , savoir : me paraissent avoir été faites ; une traduction qui est très ancienne , et j'en ai ouï parler à un fort bon juge. Vous m'avouerez qu'un puisque, séparé de son antécédent par trois propositions auxquelles il se devroit rapporter, plutôt qu'à cet antécédent, brouille le lecteur et l'oblige de remonter et de relire; le style français ne souffre plus qu'on engage les lecteurs à cela. Que sera-ce si nous comparons le par ce que qui est trois ou quatre lignes après, avec le je compte pour rien, son antécédent? Je suis donc d'avis que vous refondiez cet endroit de telle sorte que la raison de votre mépris pour ces deux versions soit tout auprès de la proposition où vous exposerez ce mépris. Je ne vous marque que ce seul endroit à l'égard du style; un bon entendeur comme vous juge ex ungue leonem.
« Je vous demande si Ton peut dire que François Ier fut dauphin par son avènement à la couronne? Vous avez raison dans tout le reste de votre critique en cet endroit-là ; mais je crois que. la qualité de roi de France absorbe celle de dauphin. Je sais bien que dans certains actes qui regardent la province de Dauphiné, les rois de France prennent la qualité de dauphin ; mais simplement parlant, les dauphins cessent de l'être dès qu'ils sont rois, et ceux qui, comme François Ier ne l'étoient pas avant que de régner, ne le deviennent pas en régnant.
« Vous voyez, Monsieur, que je descends jusqu'à la chicane; je ne le ferois point si je ne voyois que votre ouvrage est d'une grande importance, et que je m'en fais une idée très forte; j'y admire vos lumières et votre pénétration, et je' voudrois pour mon intérêt particulier, sans compter celui du public, qu'il fût déjà imprimé; j'y trouverois de beaux morceaux pour mon dictionnaire, ou, comme vous savez, je recueille les fautes que d'autres ont censurées, et j'aurois souventlieu de vous citer. Jïàtea, je vous prie la publication