‹ Mâemoires inâedits et opuscules de Jean Rou (volume 2)Chapitre 47 sur 174 · POESIES DE M. DE MAUOLLES · texte numérisé non relu

POESIES DE M. DE MAUOLLES

ton qu'il ne fit, eut pu leur faire dire avec guère moins de justesse qu'à cet autre égard :

Enfin, malgré Phébus, Marolles vent rimer,

M. de Marolles donc, pour en venir à la première des scènes que j'ai en vue, se mit un jour dans l'esprit, après s'être plusieurs fois essayé sur de petits fragments poétiques , que l'entreprise d'un poème dans toutes les règles n'étoit point audessus de ses forces. S'il eût pris pour l'exécution de son dessein quelque endroit célèbre tiré de l'histoire ou de la fable , on n'auroit en tout cas point d'autre reproche à lui faire que de n'avoir pas assez contre-pesé ses épaules avec son fardeau ; mais ce qu'on ne peut assez admirer, est qu'il choisit justement pour son sujet la matière du monde la moins propre à un poème , je veux dire les révélations de l'Apocalypse, entreprise pour F exécution de laquelle il ne s'agit pas des enthousiasmes fougueux d'un Apollon ou d'une Clio, divinités fantastiques et fausses, mais des célestes inspirations de cette Sagesse éternelle qui est l'unique esprit de vérité.

Je ne fus pas des derniers à voir cet ouvrage. M. de Marolles, qui m'avoit pris en amitié, me fit l'honneur de m'en envoyer d'abord un exemplaire ; quelque estime que je fisse de tout ce qui sortoit de la plume de ce grand homme, j'avoue que je n'eus pas lu une vingtaine de ces vers apocalyptiques, que je ne pus gagner sur moi d'aller plus avant, et toute la peine que je ne pus m' épargner fut celle du compte que j'aurois à rendre de mes pensées sur le présent que j'avois reçu. Jusqu'ici il ne paraît rien de fort comique dans le fait dont je parle ; mais voici où commence la scène promise. Il fallut aller faire mes remercîments à M. de Marolles, et dès les quatre ou cinq premiers jours, je me rendis chez lui pour m' acquitter de ce devoir; mais mon compliment n'entra dans aucune reddition de compte sur ce que je pensois de tout ce qui m'avoit été envoyé. M. de Marolles cependant, qui m'attendoit venir de moi-même sur cet article,

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