‹ Mâemoires inâedits et opuscules de Jean Rou (volume 2)Chapitre 51 sur 174 · DE I. ABBE DE UAROLLË · texte numérisé non relu

DE I. ABBE DE UAROLLË

« entre autres que je vous ai faite, de n'être pas le seul dans la

< communion extérieure de l'Eglise romaine, qui en blàmoit « les superstitions et le faux culte. Vous n'avez vu ici que qua- « tre ou cinq personnes du caractère dont on s'est si bien dépeint, mais il faut que vous sachiez que j'en connais, de pa-

< reils, plus d'une centaine dans Paris. Tous sont aux aguets, « n'attendant que le premier coup de cloche pour travailler « vigoureusement à une réformation après laquelle tous sou- « pirent. Nous nous traitons nous-mêmes de lâches tous tant « que nous sommes, de n'avoir pas le courage de répandre nos « lumières, puisque c'est à ceux qui ont le plus reçu de faire

< part de leur bien aux autres; et nous confessons avec gé- « missement, que nous n'aurons, un jour, qu'un plus grand « compte à rendre. C'est ce que tous pensent, et reconnais- « sent qu'il faudfoit faire ; mais il n'y a personne d'assez hardi « pour prendre sur soi d'aller attacher le grelot, et voilà notre « mal. » Ce fut ainsi que se passa la conversation dont j'ai parlé ; et ce fut (puisque cela se trouve en mon chemin) dans quelque autre de cette nature, que j'ouïs conter un jour au même

question, et qu'il i'alioit interpréter avec charité le sens des paroles qui n'ont pas assez de clarté. » (Ed. de 166G, page 146.)

« La superstition s'attacha depuis à une autre petite image de la Vierge, qui étoit contre une muraille dans la rue Saint-Honoré, auprès du couvent des Capucins ; de sorte qu'on y venoit de toutes parts, et des gens y faisoient des pèlerinages pieds nus, et passoient des journées entières à genoux devant elle. Mais enfin les pères capucins l'ôtèrent de là, et par ordre de M. de Paris, ils Ja mirent dans une chapelle de leur église. Ce ne seroit jamais fait, si l'on vouloit dire toutes les sottises du peuple en ces matières-là, quand il n'est pas éclairé de la Parole de Dieu ; et s'il y est tant soit peu secondé, il ne faut pas douter qu'en ce g-enre-là, il ne se porte bientôt à d'étranges excès. (Ibid., p. 134.)

Enfin, voici comment l'abbé de Marolles raconte les derniers instants de son père :

«Approchant de la lin, il prit en bonne part ce que je lui dis de la misère de cette vie et de la consolation que les gens de bien doivent prendre quand ils se voient proches d'en être bientôt délivrés, pourvu qu'ils mettent leur espérance en Dieu seul, qu'il falloit adorer et aimer de tout son cœur, et lui demander eu toute humilité les grâces de ses miséricordes par les mérites de son Fils, qui lui a voit offert et qui lui offre encore tous les jours son corps et son sang en perpétuel sacrifice pour la remission de1 nos péchés. [Ibid., p. 100.)

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