‹ Mâemoires inâedits et opuscules de Jean Rou (volume 2)Chapitre 56 sur 174 · M. CHEVREAU · texte numérisé non relu

M. CHEVREAU

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O tu che passi, e intanto

Versa fior da la man, da gli occhi pianto

Lidia sepolta è qui : per dura sorte

Caddè in quesf onde, e vi beuvè la morte.

Vu vaga e bella tanto

Che dir si puà : ne Vacque

Una Vener mori, s' uvC altra nacque.

Et voici comme M. Chevreau le rendit en français :

Ici Lidie a fait sa sépulture :

Arrosez-la pour le moins de vos pleurs; À pleines mains répandez-y des fleurs, Passants, qui dans ces vers lisez son aventure. En tombant dans cette eau par un funeste sort,

Cette merveille y but la mort ;

Mais voyez l'étrange puissance

Et le bizarre effet de l'eau :

Une Vénus y prit naissance,

Une autre y trouve son tombeau.

Cette favorable préoccupation d'estime pour M. Chevreau me fit assez aisément prêter l'oreille à la proposition qu'il me fit faire par une amie commune de lui dire mes sentiments sur son grand ouvrage de Y Histoire du Monde qu'il étoit sur le point de faire imprimer. Conclusion, que nous nous vîmes, et cela chez lui, c'est-à-dire dans l'appartement que le marquis de Dangeau lui avoit généreusement offert dans son hôtel de la place Royale. Nous en vînmes bientôt au fait, M. Chevreau et moi, parce que, comme il s'attendoit à ma visite, son ouvrage étoit étalé seul en deux grands in-folio, sur sa table, sans aucun autre, ni livres ni papiers; de sorte que je vis bien que ces deux gros volumes manuscrits n'étoient là qu'afm que je les ouvrisse. Ayant donc feuilleté le premier de ces deux tomes en quatre endroits différents : « Monsieur, dis-je à M, Che- « vreau, vous jugez bien que ce que vous me faites l'honneur « d'attendre de moi, ne sauroit réussir de la manière que vous « l'entendez, par une simple inspection passagère, telle qu'une

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