‹ Mâemoires inâedits et opuscules de Jean Rou (volume 2)Chapitre 67 sur 174 · RELATIONS DE ROU · texte numérisé non relu

RELATIONS DE ROU

Avant que de passer au deuxième extrait, il est à propos que je fasse voir la réponse que je fis à cette première lettre de M. Ménage ; la voici :

Lettre dit sieur R... à M. Ménage.

« Monsieur, « Quand je consentis, il y a environ un mois, à faire la révi- « sion des feuilles de votre Anti-Baillet, je ne songeois pas que « vous en dussiez jamais rien savoir, et bien moins encore que « cela me dût valoir l'honneur d'une de vos lettres. Je ne « puis cependant, Monsieur, que me savoir bon gré de la li- « berté que j'ai prise, et de laquelle il ne sera peut-être pas « hors de propos de vous rendre raison. La passion que j'ai « conçue pour vous depuis longtemps, m'avoit fait regarder « avec indignation le procédé de M. Baillet à votre égard ; et « sachant que vos amis vous avoient porté au châtiment de son « injustice, j'avois quelque sorte d'impatience de voir comment « vous le traiteriez. Votre imprimeur n'ayant pas fait grande dif- « liculté de me communiquer les premières feuilles de son tra- « vail, j'eus lieu de remarquer que cette édition ne s'exécute- « roit pas tout à fait de la manière que vous pourriez l'entendre, « de sorte que tant par le regret que j'avois qu'une aussi bonne « pièce que la vôtre fût si défectueuse, que par la disposition « où je me trouvois à vous rendre service, je m'offris à l'inspecte tiondontje vois que vous avez eu connaissance. Il me paraît, « Monsieur, que vous êtes en peine de ce qu'on aura fait de « quelques additions que vous avez recommandées depuis l'en- « voi de votre manuscrit. J'ai visité les endroits qu'elles re* « gardent, et je trouve qu'à quelqu'une près, elles y ont été « rangées selon votre désir. De cet éclaircissement que vous « m'avez demandé, permettez-moi, Monsieur, de passer à un « que je prends la liberté de vous demander à mon tour : c'est « sur la généalogie de Joachim du Bellay, où je trouve quelque « chose qui m'embarrasse, un article de votre page 166 le fai-

« sant fils de Jean de Gonnor, fils d'un autre Jean, chef du nom « et des armes de Bellay, au lieu que la page 168 le fait fils de « Jean, fils d'Eustache : ce sont les propres termes des deux « articles, du moins selon l'impression, car je n'ai pu disposer « de votre copie que depuis que je suis entré en révision, ce « qui, à mon grand regret, n'est arrivé qu'à la lettre M du « premier tome, en sorte que je n'aurai examiné que six feuilles « de cette première partie. M. le marquis de Langey, chez qui « je veillois hier au soir, comme étant un seigneur avec qui, « par l'amitié dont il lui plaît de m'honorer depuis vingt ans, « j'ai toujours eu en quelque sorte comme un commerce de « belles-lettres, mais qui, particulièrement dans ce fait, est « une partie intéressée, comme étant sorti par les femmes de « cette illustre maison, ne put me lever cette difficulté lorsque « je lui en fis part; mais il m'exhorta fort à vous en écrire, me « marquant même que vous vous étiez quelquefois entretenus « de cette matière, jusque-là que vous ayant parlé d'un brouil- « Ion de généalogie que M. de la Courbe-Bellay avoit entre les « mains, vous lui dîtes avoir encore trois degrés par delà ceux « de ce papier de M. de la Courbe ; et là-dessus il me pria de « savoir de vous, si, pour un dessein particulier d'histoire qu'il « a en vue depuis longtemps, vous ne pourriez point lui faire « avoir cette esquisse que ledit sieur de la Courbe lui avoit déjà « prêtée ci-devant, et qu'il ne retira que pour la lui faire « mettre plus au net, depuis quoi, par plusieurs traverses sur- <> venues, il n'a pas eu plus de connaissance de cette affaire. « Nous nous intéressons également à cela, M. le marquis de « Langey et moi, par de diverses raisons, en ce que de mon « côté, il y a plus de quinze ans que j'ai travaillé moi-même à « cette généalogie : le dessein de mes Tables de l'Histoire uni- « verselle m' ayant engagé par occasion à creuser dans la source « de plusieurs maisons, cette science et celle de la chronologie « étant, comme on dit, les deux yeux de l'histoire; et ce qui « est assez singulier sur le fait dont il s'agit, c'est que la prin-

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