A FLORENCE
« parées, on ne peut s'empêcher de regarder cette composition « comme un ouvrage dont la France a sujet de se glorifier o d'avoir donné la naissance à son auteur, l'Italie d'en avoir « fourni les expressions, et notre Académie en particulier de « se voir honorée* de la dédicace que vous lui en avez faite. Voici, Monsieur, quelques petites notes, qu'uniquement pour vous complaire, nous y avons faites, afin de vous écarter la pensée de donner à notre silence, si nous le gardions, une autre cause que celle qu'il pourroit fort innocemment avoir, etc.. Ce ne sont là? Monsieur, comme vous voyez, que de pures gramraatications, qui, étant plus scrupuleusement observées que vous n'avez fait, auroient peut-être détourné une infinité de grâces naturelles, que, sans doute, vous leur avez judicieusement préférées, comme étant incompatibles avec tant d'épines, au lieu desquelles vous n'avez présenté que des roses. Vous les attribuerez donc, s'il vous plaît, Monsieur, ces légères notes, au pur dessein qu'a eu de vous obliger, sans aucune vue de réelle critique, notre reconnaissante Académie, qui, n'ayant tiré son nom délia Crusca que de l'idée d'un bluteau et de l'action de bluter, a voulu faire voir, qu'en sassant si rigoureusement vos écrits, elle ne vous traitoit que comme une tendre mère qui ne veut pas épargner plus ses enfants qu'elle ne feroit des étrangers. Aussi vous rend-elle mille grâces, Monsieur, cette Académie si sensible à toutes vos honnêtetés, de l'honneur que vous lui avez fait, vous protestant qu'elle embrassera toujours avec ardeur les occasions de vous rendre tous les services dont elle sera capable et qui vous seront le plus à gré , comme étant, Monsieur, vos très affectionnés et très obligés serviteurs.
Ainsi signé :
« lArchicojnsul et les Académiciens della Crusca. « Lo Smunto, secrétaire.
« A Florence, le 14 de mars 1656. »