‹ Mâemoires inâedits et opuscules de Jean Rou (volume 2)Chapitre 72 sur 174 · G ÉCRITS DIVERS · texte numérisé non relu

G ÉCRITS DIVERS

Le quatrième extrait que j'ai à produire sera tiré d'une très honorable lettre du prince Léopold, frère de Ferdinand II, cinquième grand-duc de Toscane, et qui fut peu après honoré de la pourpre et fait cardinal par le pape Alexandre YII, le 7 mars 1666 (1). Le sieur Ménage lui a voit écrit, le premier, pour lui rendre grâces de la faveur qu'il lui avoit faite de faire examiner soigneusement ses Observations sur VAminte par MM. de l'Académie delta Crusca, et de ce qu'il lui avoit même fait l'honneur d'assister régulièrement en personne à cet examen. Voici l'extrait français de la réponse italienne que ce prince fit au sieur Ménage :

< Monsieur,

« Les vertueuses veilles, que vous avez employées toute « votre vie à diverses études et entre autres à celles de la lance gue italienne, ont tellement mérité de toute la république « des lettres , que vos écrits sont plus propres à faire des rè- « gles pour le beau style qu'à en demander et à en recevoir; « et je n'ai pas eu d'autre but, en l'assiduité de mes comparu- « tions dans notre assemblée, lorsqu'on y faisoit la lecture de « vos Observations sur VAminte, que de profiter moi-même de « toute l'érudition qu'elles renferment, etc.. J'attendrai, Mon- « sieur, mais avec une grande impatience, tous les autres ou- « vrages que vous faites espérer au public, et dont même vous « me flattez de l'espérance de m'en voir honoré par une dédi- « cace, sous prétexte de répondre par cet honneur à l'estime « toute singulière que je fais de votre vertu, etc.. Je suis, etc.

Ainsi signé : « Le prince Léopold. >

« A Florence, le 26 mai 1657. »

J'aurois un cinquième extrait à donner d'une lettre de l'abbé de Saint-Laurent au sieur Ménage, où il se trouve quelque

(1) Selon Coronelli, car Sainte-Marthe dit 15 mars 1668, mais mal à propos, puisque Alexandre étoit mort dès 1667. [Note de l'auteur. ]

chose d'assez curieux; mais, crainte de fatiguer trop le lecteur, en pensant lui faire plaisir, je me contenterai de cet endroit, qui marque, avec tout ce que dessus, combien et avec quel empressement tous les écrits de M. Ménage étoient désirés et recherchés par les plus beaux esprits d'Italie.

« J'ai, écrit-il à M. Ménage, fait venir de Paris, pour M. le « comte dcl Maestro, toutes vos œuvres : vos Origines de la « Langue française, vos Miscellanea, etc. Il a déjà lu deux fois la « Vie de Mamurra, et il la veut encore lire une fois avant de la « prêter à M. Carlo Dali et à M. Valerio Chimentelli, etc.. »

Cette mention, que F abbé de Saint-Laurent fait avec tant d'éloges du Mamurra de M. Ménage, et duquel M. de Balzac, monté à son ordinaire sur ses échasses, a dit, dans une de ses lettres (laquelle se trouve dans le volume de ses OEuvres diverses), que cette histoire étoit digne de Rome triomphante et du siècle des premiers Césars, m'a fait naître l'envie de finir tout ce long chapitre de M. Ménage, par la traduction, que quelques curieux de mes amis (mais qui ne pouvoient pas entendre assez couramment toutes les grâces de l'original latin) m'obligèrent, il y a quelques années, d'en faire en langue française ; et, comme cette traduction eut le bonheur de leur plaire, ainsi qu'il est arrivé depuis à l'égard de quelques autres personnes de bon goût, je ne feindrai point de la placer ici : d'autant plus que ces deux dernières parties de mes Mémoires sont, en partie , destinées à la collection de mes principaux opuscules (1).

(1) Bien que ce morceau ne semble pas présenter un intérêt en rapport avec son étendue, nous ne croyons pas pouvoir prendre sur nous de l'omettre ici. Nous renvoyons pour tout commentaire à l'article de Bayle sur Pierre de Montmaur, où la satire de Ménage est appréciée à sa juste valeur, et à l'Histoire de Pierre de Montoiauf, professeur royal en langue grecque dans l'Université de Paris, par De Sallengre. La Hâve, 1715.

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