CORRESPONDANCE
« le masculin foudre, au pis aller, n'est que le moins bon, et « que néanmoins il est bon; tous alléguez des auteurs si for- « mels en ces matières, et si revêtus d'autorité, que je ne vois « point qu'on puisse condamner l'expression son foudre, tout « au plus que de n'être pas aussi bonne que m foudre.
« Pour la distinction de foudre sceptre de Jupiter, et foudre « effet de ee sceptre, je la trouve bien subtile, et je ne voudrois « pas trop m'y appuyer, vu que ceux qui ont mis la foudre à « la main de ce dieu ont prétendu que son effet étoit semblable « à celui des dards, et que ce sceptre, puisque sceptre y a, ne « produisoit quelque effet qu'en sortant de la main de Jupiter, « et tombant sur le patient; de sorte que ce qui étoit le sceptre « et ce qui venoit frapper étoit réellement le même être.
« Je vous remercie bien fort, mon cher Monsieur, de tant « de belles autorités qui sont dans votre lettre ; c'est un re- « cueil que je garderai précieusement. Je ne sais ce que c'est « que cette nouvelle Histoire poétique du sieur Va t lier de la « Marlinière ; j'en ai \u autrefois une qui étoit, ce me semble, « anonyme, mais docte et d'un homme qui promettoit une tra- « duction de Pétrone. À votre loisir, vous m'en donnerez, s'il « vous plaît, instruction (1). Je suis intimement votre, etc.
« BAVLK. a
Ni 1>» Voyez une lettre du sieur Te rond, dans la 4 e partie.
Je reçus de cette manière, et environ ce même temps, quantité d'autres lettres de plusieurs savants de mes amis, que je ne rapporte point ici, comme je viens de faire celle de M. Bayle, par la raison que certains éloges qu'elles renferment pour mon compte particulier ne se trouvant pas du moins entremêlés de tous ces traits de curieuse littérature si familiers à M. Bayle, et dont le public peut tirer beaucoup de fruit, l'étalage que
(1) L'instruction que je donnai là-dessus étoit que mon Voilier de la Marlinière étoit le même que M. Bayle disoit avoir promis Pétrone. [Noie de l'auteur.]