SA DISPARITION DES PROVINCES-UNIES
« pas satisfaits par cela seul. Yous êtes, Monsieur, un bon « chrétien, et il faut pour de telles gens quelque chose de spi-
< rituel ; agréez donc que je me serve des mêmes paroles que « saint Jean employa pour Gaïus : Bien-aimé, je désire que tu r prospères en toutes choses et que tu sois en santé, selon que ton « âme est en prospérité. C'est cette prospérité de l'âme que je « vous souhaite particulièrement : la sainteté, la piété, le zèle, « avec de grands progrès en toutes ces choses et avec tous les « délices qui accompagnent ces vertus. 0 Dieu quelle prospé- « rite! Est-il possible, Monsieur, que nous prenions tant de « peine pour acquérir quelque prospérité du monde, ce qui « n'est que se tempêter en vain, pour me servir des paroles du « Prophète; et que nous négligions si lâchement cette prospé- « rite spirituelle dans laquelle nous trouvons actuellement la « paix et la joie, et une certitude infaillible d'un bonheur éter- « nel ! Quel aveuglement et quelle corruption ! Je ne doute pas « que vous ne les connaissiez; mais je m'assure aussi que vous
< travaillez heureusement à corriger ces malheureux penchants qui naissent avec nous ; et que, si vos travaux vous obligent
« à imiter Marthe, votre recueillement vous transporte aux « pieds de votre Sauveur, afin que là, comme Marie, vous y « trouviez la bonne part qui ne vous sera pas ôtée. Renouve- « lez, Monsieur, renouvelez avec cette nouvelle année vos for- « ces, afin que vous vous avanciez plus rapidement vers le « ciel, que je vous souhaite, et à vous et aux vôtres, comme « votre très humble et très obéissant serviteur.
« Maturiin.
« Ce 26 janvier 1688. »
En continuant l'histoire et le détail de mes principaux opuscules, je suis obligé de passer tout d'un coup de l'année 88 à la 95, où je fus engagé par un de mes amis à faire une devise pour un sujet des plus importants qui se puisse dire, et à donner aussi par écrit mes sentiments sur la nature des Devises.