‹ Mâemoires inâedits et opuscules de Jean Rou (volume 2)Chapitre 92 sur 174 · DE LA NATURE · texte numérisé non relu

DE LA NATURE

« symbole. La manne, enfin, a deux faibles : premièrement la « peinture qu'on en peut faire dans un aussi petit terrain que « seroit le disque d'une médaille, présentera plutôt à l'esprit « des spectateurs l'image d'une neige que celle d'une manne, par « cette raison que la première est un météore que nous voyons

< immanquablement plusieurs fois tous les hivers, au lieu qu'il « y a près de 4 ,000 ans que l'autre ne se voit plus du tout ( 1 ) ; et,

en second lieu, le] mot que j'ai donné pour âme à cette de\isc « n'est ni vers, ni portion de vers, condition que j'ai dit ci-de- « vant être une de celles qui contribuent le plus à la perfec-

< tion d'une devise. Ces deux inconvénients sont incontesta- « blés et ne se trouvent point dans la devise de Y Oiseau de Pa- « radis. Si, néanmoins, nonobstant toutes ces raisons, vos amis

persistent dans leur sentiment, je ne m'y opposerai pas, « parce que je vous avoue encore une fois que j'ai d'abord eu « le même penchant que M. Robinson, et vous pouvez vous " déterminer d'autant plutôt à cette préférence que le mot « que j'ai choisi pour âme, est tiré de ce célèbre endroit de « saint Paul (1 Cor. IX, 22), qui fait comme toute celle de ce « saint apôtre, et sur quoi aussi quelqu'un (Paul Thurius) a « fait autrefois cet excellent distique, en forme d'épitaphe

pour son tombeau :

Quis jacet hic ? Nullus ; tumulo quis conditus ? Omms ; Omnibus omms erat% qui sibi nullus erat.

« Je suis, Monsieur, etc.

Il m'a paru, par des lettres subséquentes de M. Ruinpf, que l'on se rangeoit à mon opinion, et que ma devise de Y Oiseau de Paradis seroit frappée au derrière de la médaille de la reine ; mais je ne saurois dire si cela fut exécuté, à cause d'un départ tout subit du sieur Cavalier, précédé d'une petite brouillerie

(1) La manne des apothicaires est d'une tout autre nature. [Note de fauteur.)

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