‹ Mâemoires inâedits et opuscules de Jean Rou (volume 2)Chapitre 97 sur 174 · IL DONNE DES LEÇONS · texte numérisé non relu

IL DONNE DES LEÇONS

pensée à cause de ma charge et des travaux continuels de mon cabinet, qui l'avoient détourné de me faire lui-môme cette proposition. « Dès l'heure qu'il est, me dit-il, j'ose yous assurer « que l'affaire est faite; milord vous connaît, et je suis per- « suadé que cette ouverture lui fera plaisir ; dès demain ma- « tin je ne manquerai pas de lui en parler. » L'obligeant M. de Rapin n'y manqua pas en effet, et dès le lendemain, il me vint prendre en carrosse et me mena à Zorg-Vliet (1), où, après qu'il m'eut présenté au milord, j'eus tout lieu d'être content de l'offre de mes services, ce seigneur m' ayant fait l'honneur de me dire qu'il m'auroit recherché lui-même, s'il eût cru que ce poste eût été à ma bienséance. Ici, je ne dirai pas que j'entrai donc en la place de M. Le Vassor; car comme cet illustre, en qualité de fugitif (2) en ces provinces, n'avoit ni feu ni lieu, milord Portland l'avoit tout à fait retiré auprès de son fils, au lieu que moi, étant domicilié et vivant au milieu de ma famille, je n' a vois aucunement besoin d'une semblable retraite, mon occupation ne devant être par jour que d'une heure ou deu\ tout au plus, mais auxquelles je me rangeois fort ponctuellement tous les jours, m' ayant été promis que pour peu qu'il fit mauvais temps, on ne manqueroit pas de m'envoyer un carrosse qui auroit pareillement soin de me ramener, comme en effet jamais cela ne manqua.

Dans l'éclaircissement pris avec M. de Hapin, et qui fut aux derniers jours du mois d'août 1700, il m'avoit déclaré que comme au bout d'environ six mois toute la famille de milord Portland devoit passer en Angleterre, il se croyoit obligé de savoir de moi si dans ce court intervalle de temps il me seroit bien possible de faire parcourir à notre jeune élève toutes les particularités les plus remarquables de l'histoire des deux der-

(1) Maison de plaisance du comte de Portland sur le chemin de Schcveling. [Note de fauteur.]

(2) Le mot de réfugié ne conviendroîi pas en cet endroit, et l'on en sent bien la raison. [Note de l'auteur. 1

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