‹ Mâemoires inâedits et opuscules de Jean RouChapitre 118 sur 188 · DISCUSSION A CE SUJET · texte numérisé non relu

DISCUSSION A CE SUJET

a prince ! Ceux qui fagotent de semblables nouvelles n'ont « pas beaucoup de sens ; et que deviendra donc M. de Zuyle- « com? (1) car je n'ai pas ouï dire qu'il soit mort; et d'ailleurs « un tel poste seroit-il pour un misérable comme moi? — Oh ï « me dit madame de Sommerdick, si ce n'est pas pour M. le « prince, c'est donc pour madame la princesse. — Ah ! ma- « dame, repris-je, voilà déjà bien du rabais, mais il n'y a cn- « core là guère plus d'apparence, car madame la princesse a « pour secrétaire M. d'Allonne; et quoiqu'à ce dernier égard « la disproportion ne fût pas si terrible, toujours est-il constant « qu'un homme comme M. d'Allonne n'est pas facile à débus- « quer ; et quand cela seroit, ce ne seroit toujours pas par moi « qui fais trop profession de l'honorer pour le traverser en la « moindre chose du monde. — Oh ! bien; mais, quoi qu'il en « soit, continua madame de Sommerdick, il y a quelque poste « à la cour dont il est grand bruit à votre égard, et je m'étonne « que vous en fassiez tant le fin, puisque tout cela ne peut pas « être à votre insu. — Madame, dis-je alors, j'ai eu jusqu'ici « toute sorte de raison de vous parler comme j'ai fait, et outre « la raison, il est encore très constant que je ne vous ai rien « dit qu'en toute vérité. D'abord, Madame, je n'ai rien compris « à votre discours ; bientôt après j'ai reconnu qu'une certaine « proposition, qui m'avoit été faite depuis quelques semaines, « et que j'avois absolument rejetée, pourquoi aussi je ne vous « en avois point parlé, avoit fait plus de bruit que je ne m'y « étois attendu. Et je vois bien, Madame, que c'est de cette « affaire-là que vous vouiez parler, mais que je ne reconnaissois « nullement aux circonstances que vous y marquiez. » Là-dessus je lis à Madame de Sommerdick le détail de tout ce qui s'é" toit passé entre M. d'Allonne et moi, et la visite que Poitevin et la Martinière m'avoient faite sur ce sujet, avec mes prières

|1) Constantin de Zuylichem succéda à sou père dans la charge de secrétaire de M. le prince d'Orange, et continua à exercer cet emploi jusqu'à sa mort, en 1697 [Dict. de liayle, art. Zuylichem.)

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