AVEC MADAME DE SOMMERDICK
envers eux irois de contribuer tout ce qu'ils pourroient à l'étouffement de fous ces bruits qui ne faisoientque m'embarrasser. Madame de Sommerdick parut contente de tout ce que je lui dis, et nous en demeurâmes là.
Je viens à la solution que j'ai promise ci-devant sur la cause de tous ces divers bruits répandus au sujet d'une affaire que je croyois avoir amortie. M. d'Allonne m'avoit sans doute tenu parole, mais comme ce n'étoit pas lui qui avoit conçu en chef le dessein de ce changement du gouverneur des pages, ceux qui y avoient travaillé d'original ne s'en étoient pas apparemment tort cachés ; en un mot, on avoit chuchoté de cette affaire dans l'antichambre du prince et dans celle de la princesse, entre les gentilshommes de l'un et les filles d'honneur de l'autre. Un des principaux pages (M. Képel, aujourd'hui comte d'Albemarlc), qui se trouvoit assez ordinairement dans l'antichambre du prince, avoit eu le vent de quelque chose, et l'avoit communiqué à ses camarades, qui en avoient jasé chez la Martinière même, lequel par là en eut connaissance et l'avoit aussitôt dit à Poitevin. Madame de Sommerdick, de son côté, en avoit été informée par les fdles de la princesse, qui lui en firent confidence. En voilà beaucoup plus qu'il n'en falloit pour ce qui regarde la connaissance que Poitevin, la Martinière et madame de Sommerdick m'en donnèrent à moi-même, ainsi qu'on a vu.
On pourroit s'imaginer qu'ici prit fin toute cette belle histoire, mais les choses n'en demeurèrent pas là; seulement faut-il que , pour en rendre compte , je dise deux mots du voyage que ma femme vint bientôt faire en Hollande, et sur lequel je ne m'arrêterai pas longtemps.
Au printemps de l'année 1681, je lui mandai, après en avoir eu permission de M. et de madame de Sommerdick, qu'elle pouvoit se donner le divertissement de cette petite promenade, et elle y consentit. Elle arriva à J3ois-lc-Duc , où je l'étois allé attendre le samedi dernier mai 1G81 ; et le mardi suivant, étant tous deux rendus à la Haye, je la présentai à madame de Som-