‹ Mâemoires inâedits et opuscules de Jean RouChapitre 134 sur 188 · DE LA RÉDACTION DES DEPECHES · texte numérisé non relu

DE LA RÉDACTION DES DEPECHES

« moi à vous remercier; naturellement je suis sensible an\ « bienfaits, et le dernier que j'ai reçu de vous est de lui-même « une ample matière de pensées et de paroles; cependant ja- « mais je ne me suis vu si muet, et plus je pense, moins je « trouve de quoi mYxprimer. Achevez, s'il vous plaît, Monsei- « gneur, ce que vous avez commencé si obligeamment, c'est-à- « dire agréez jusqu'à mon silence, et ayez la bonté de le prendre « pour la plus grande marque que je vous puisse donner de ma « gratitude. Si mon cœur avoit été en défaut de ce côté-là, il « auroit été bien fortifié depuis deux jours par les grands sen- « timents que quelques illustres amis que j'ai ici ont fait pa- « raître en votre faveur, sur le bruit qui s'est répandu de ce « que vous avez fait si généreusement en la mienne. Ces périt sonnes, Monseigneur? qui sont fort distinguées, les unes par « la naissance (1), les autres par d'éminentes charges (2), et « tous généralement par la solidité de leur piété et de leur « Véttti, vous ont à l'envi donné mille bénédictions, et j'en « connois même de capables d'avoir, en leur particulier, poussé « d'ardentes prières au ciel pour la conservation d'une vie qui « fait un si grand honneur à notre siècle, et tant de bien aux « malheureux qui sont dans l'affliction. Pour- moi, Monsei- « gneur, je ne suis pas un moment sans penser à tout ce que je « vous dois; je le fais dans ma retraite, je le fais dans mes oc- « cupations publiques et particulières ; je le faisois, par exemple, « il n'y a encore qu'un quart d'heure, en préparant une cham- « bre à la chère moitié que je puis dire que vous m'avez ren- « due, puisque le premier meuble dont je l'ai ornée a été votre « portrait. Je l'avois apporté ici dès que je partis de France, « comme un trésor qui est inséparable de moi; mais j'en ai « encore un autre qui vous ressemble infiniment mieux, c'est « celui que je porte gravé dans le cœur, avec le vif ressenti-

(1) Le prince et la princesse , mademoiselle de Bréderode , et madame de Sommer dick.

(2) M. Alwy/ij M. de Bleeswyck, etc. [Note de l '-auteur. ]

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