NOBLE RÉPONSE DE ROU
« mis dans le cas de la loi qui a été faite depuis. Je sais aussi, « Monseigneur, que vous l'honorez de votre protection, et je « ne puis l'ignorer, non plus que son mérite personnel. Ses « planches sont toujours en la garde du commissaire qui en a « fait la saisie, et il n'est pas impossible que M. Rou ne les « recouvre un jour avec l'agrément du roi.
« Je suis avec un profond respect, Monseigneur, votre très « humble et très obéissant serviteur,
« De la Eeynie. »
Je viens présentement à la réponse que je fis à la grande lettre de M. de Montausier qu'on a vue ci dessus; la voici :
« Monseigneur,
« Si j'eusse cru , il y a huit jours , recevoir présentement la « lettre que vous m'avez fait l'honneur de m' écrire, je vous au- « rois épargné la fatigue d'une nouvelle importunité. Je vois, « Monseigneur, par cette dernière marque de votre inclination « généreuse, qu'il n'y a point à appréhender de votre part ni « changement ni repentir ; et une âme si noble et si épurée est « un trésor bien rare dans un siècle comme celui-ci. Je vous « parle de la sorte, Monseigneur, nonobstant le petit article « des trois ou quatre lignes qui font la clôture de toutes vos « bontés précédentes , et qui, si je m'arrêtois à des apparences « et à des dehors, feroient à votre égard un changement dans « mes idées auquel je n'ai pas regardé jusqu'ici. Je vous dirai « là-dessus, Monseigneur, que je me flatte de l'honneur d'être « assez connu de vous pour ne pas douter que vous n'ayez bien « jugé de vous-même, que ce qu'on a exigé de votre plume en « cela ne porteroit à mon égard aucun coup, et que, sans cette « forte persuasion, vous ne m'en eussiez jamais rien dit, de peur « d'avoirvous-même quelque reproche à vous faire surcesujet(l );
(1) On sait que le duc de Montausier était né protestant. Le désir de faire son chemin et sa passion pour mademoiselle de Rambouillet le décidèrent facilement à changer de religion.