A LA BAI I
« laïque les occasions de nous faire voir de nouvelles merveilles ; « mais, à vous dire la vérité, je pense que dans la colère ou le « clergé de France est à présent contre les réformés, il ne « plaira pas à Monseigneur de Meaux de nous faire goûter une « si grande douceur. Assurez, s'il vous plaît, cet illustre ami « de mes très humbles respects, et dites-lui que quoi qu'il fasse
de grand et de beau, je le délie de me jamais surprendre. Je « vous supplie très humblement, Mademoiselle, de lui présen- « ter M. Steigner et son camarade 31. de Ver lorsqu'ils seront « arrivés, et de les lui recommander de ma part.
« Je suis avec plus d'estime et de tendresse que je n'en sau- « rois exprimer, .Mademoiselle, votre très humble et très obéis- « sant serviteur.
< MODEINX. »
De Berne, le lî) d'août 1686. »
Il n'est pas hors de propos de faire remarquer ici aux lecteurs, qu'avant que de faire imprimer tout ce que dessus, je fus bien aise de m'assurer du suffrage de M. Bayle, sans quoi j'hésitois à rien tenter, quoique j'eusse déjà celui de M. Jurieu et même celui de M. Claude, le père, dont le dernier particulièrement me sollicita fort à cette impression. Voici là-clessu> deux extraits de lettres dudit sieur Bayle, des 9 février et 24 mai 1686 (1) :
« (2) J'ai lu avec un plaisir extrême, mon cher Monsieur, « tous les manuscrits que vous m'avez communiqués ; ils sont
écrits et avec beaucoup de pureté et avec force et avec zèle; " j'en pourrois dire beaucoup plus de bien si je voulois égaler, « pannes expressions, ce que j'en pense (3). Mais j'ai à vous
(1) Ces deux lettres sont imprimées dans la colleotion des Lettres choisies de Bayle.
(2) C'est la 33* du sieur Bayle. [Note de l'auteur. ]
(3) Cela est dans la 29e lettre, savoir du 9 février 168G. [Note de l'auteur.] Ces numéros (29 et 33) correspondent probablement à ceux de la classification
que Jean Rou aura probablement faite des lettres (pie Bayle lui a écrites; nous voyons, en effet, d'après une note marginale de sa main (page 18a), qu'il avait classé et numéroté les lettres de Jurieu reçues par lui.