DE ROI
loul le reste, qu'elles auroient un sérieux égard à ce qu'un grand prince, avec qui elles étoient si étroitement liées, leur avoit là-dessus marqué de ses désirs, et au témoignage que Son Altesse royale madame la princesse elle-même, sur le point de son départ, venoit tout fraîchement de leur faire rendre sur le même sujet, a\ ant envo\ é exprès le sieur d'Allonue, son sécréta ire, en parlci' au sieur greffier depuis deux jours. Qu'enfin j'espérois que Leurs Hautes Puissances seroient touchées du malheureux état où m'avoit réduit la persécution de France, si peu qui me restoit de bien m'ayant été confisqué depuis la dernière déclaration de guerre, et de la charge de cinq petits enfants qui ne savoient presque encore prononcer d'autres termes que ceux de bénédiction et de prières à Dieu , auxquels je les instruisois pour la prospérité de Leurs Hautes Puissances.
Cette requête fut traversée dans la salle des états par un grand nombre d'autres de divers prétendants, dont même quelques-uns étoient d'un nom illustre (1), et quelques autres revêtus déjà d'autres charges très considérables dans l'Etat, et dont entre autres un des principaux (2) fut, fort peu de temps après, honoré d'un envoi extraordinaire dans une des premières cours de l'Europe. Tous ces concurrents si distingués (3) firent assez longtemps balancer le succès de ma requête , selon que quelques membres de l'assemblée se trouvoient prévenus et
(1) Le sieur N. Heinsius, par exemple, qui, après s'être allé consoler de sa réfection à Batavia, mourut enfin à la Haye, le 1700. Voyez ci-après, page 2G7.
Note de fauteur.]
(2) Al. de Vrvbergen, conseiller de la cour do Brabant, mort depuis, savoir le 1 i juillet 1711, et cela à Londres. [Note de l'auteur.]
(3) « M. Basnage de Beauval avait souhaité d'obtenir la charge d'interprète des états généraux; il s'adressa à M. Jurieu pour le prier d'employer son crédit en sa faveur, et toute la famille joignit ses sollicitations à celles de M. de Beauval. M. Jurieu fit voir qu'il était engagé pour un autre, pour lequel S. A. S. monseigneur le prince d'Orange avait promis de s'intéresser. Cet autre était AI. Rou, et il était vrai que M. Jurieu avait agi pour .lui depuis longtemps.
« Al. Hou obtint effectivement cette charge au commencement de l'année 1689; M. de Beauval et sa famille lurent piqués contre M. Jurieu; c'est au lecteur de décider si c'était avec raison. » (Cbauftèpié, article Jurieu, note G. G.)