‹ Mâemoires inâedits et opuscules de Jean RouChapitre 154 sur 188 · LA PRINCESSE D ORANGE · texte numérisé non relu

LA PRINCESSE D ORANGE

étoient sollicités par leurs parents et par leurs amis ; mais heureusement tous ceux qui étoient libres de ces sortes d'engagements et de préoccupations tinrent bon pour l'équité qui leur paraissent être dans ma cause ; de sorte que nonobstant les tentatives de plusieurs pour faire en sorte que la princesse se déportât de ses sollicitations en ma faveur (1), jamais elle n'en voulut démordre; et j'ai su par le marquis de Langey, qui s'étoit obligemment offert à moi pour faire entendre toutes mes raisons à cette princesse, et à qui elle fit récit du petit combat qu'elle a voit eu à soutenir contre ceux de ces messieurs qui m' étoient le plus opposés, qu'elle leur avoit dit ceci en propres termes : « Avant , Messieurs , que de vous rien dire en faveur « du prétendent, contre qui vous me sollicitez, je me suis en- « quise de tout le particulier de cette affaire, et principalement « auprès de M. votre greffier, que cette fonction regarde plus « que qui que ce soit. Il rend bon témoignage du suppliant, et « dit n'en connaître point d'autre qui lui soit si propre. J'ai, « outre cela, été assurée par lui qu'il avoit eu entre les mains « et livré lui-même à son frère le pensionnaire défunt une « lettre de M. le prince écrite au même pensionnaire, par la- « quelle il lui recommandoit fort d'obtenir de votre assemblée « le poste en question au profit de celui pour qui je vous parle. « Ni M. le prince ni moi ne prétendons point, Messieurs, vous « faire la loi, puisque au contraire nous la recevrons toujours de « vous : vous êtes les maîtres; M. le prince vous a seulement « marqué ses désirs par sa lettre, et moi je n'insiste présente- « ment auprès de vous que dans les mêmes vues ; c'est d'ail- « leurs la seule chose que je vous aie jamais demandée. Je pars « dans deux jours, comme vous savez, et apparemment nous « ne nous reverrons plus ; c'est à vous de voir si vous êtes ré- « solus à me refuser. — Ah ! Madame, dirent alors ces mes-

(1) La princesse ayant su, par le marquis de Langey, que le prince m'avoit promis sa recommandation et son suffrage pour ce poste, elle se fit une affaire d'empêcher qu'il en eût le démenti. [Sole de l'auteur.]

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