‹ Mâemoires inâedits et opuscules de Jean RouChapitre 158 sur 188 · IMPORTANCE 1)E LA CHARGE · texte numérisé non relu

IMPORTANCE 1)E LA CHARGE

ment meilleur; qu'en un mot, j'étois entièrement résolu d'attendre tranquillement l'heure qu'il avoit destinée à mon soulagement, et que, par sa sainte grâce, je me sentois incapable d'abandonner son bras tout-puissant pour me tourner indignement vers ceux de la chair. Or, yoici où j'en veux venir pour justification de tout ce que dessus ; c'est que Dieu m'a tenu tout ce que je me promettois de lui ; il est même allé jusqu'au miracle pour me soulager, puisque c'en est un aussi manifeste qu'inouï que la manière dont il m'a procuré, dans ses miséricordes, le glorieux poste dont j'ai été revêtu dans ces bienheureuses Provinces; merveille si grande, que tous les Flamands, qui n'ont envisagé ce fait que dans les vues humaines, sans songer que cela étoit d'une direction toute divine, sont encore dans l'étonnement, comment un étranger nouveau venu, et ne paraissant avoir aucune particulière distinction , avoit emporté à la barbe de leurs plus huppés prétendants et à leur exclusion, un emploi (1) qui n' étoit ordinairement rempli que par des sujets naturels du pays, favorisés et soutenus des plus puissantes recommandations.

(1) Il nous a paru utile de présenter ici quelques détails sur la nature et les prérogatives de la nouvelle charge occupée par Jean Rou ; nous devons les renseignements qui suivent à l'extrême obligeance du savant archiviste en chef des Pays- Bas, M. Backuizen van den Brink, qui a bien voulu, dans ce but, se livrer à des recherches dans les archives de la Haye :

« Le titre officiel de Jean Rou était : « Translateur de Leurs Hautes Puissances. » Les états généraux n'avaient pas de secrétaire proprement dit; leur premier ministre ou secrétaire était le greffier, personnage dune haute position dans l'ancienne république néerlandaise, et dont les attributions se comparent habituellement à celles d'un ministre des affaires étrangères de nos jours. Les affaires de l'intérieur avaient moins d'étendue dans l'assemblée des états généraux ; grâce à l'ancien fédéralisme, chaque province soignait pour elle-même ses intérêts. Pour régler les relations mutuelles des provinces ou quelques affaires de l'intérieur qui étaient du ressort de la généralité, le greffier était assisté quelquefois par un second greffier, plus régulièrement par le commis de l'assemblée de Leurs Hautes Puissances (personnage chargé des fonctions de premier clerc du greffier, et qui même devait le remplacer en cas d'absence) .

« Quelque distinguée que fut la position de translateur, il n'était toutefois qu'un commis en sous-ordre et d'un rang moins élevé que le commis de l'assemblée de

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