‹ Mâemoires inâedits et opuscules de Jean RouChapitre 159 sur 188 · DE TRANSLATEUR 1»FS ÉTATS GÉNÉRAUX · texte numérisé non relu

DE TRANSLATEUR 1»FS ÉTATS GÉNÉRAUX

Pour revenir à cette heure ou j'en étois, je ne puis raisonnablement passer de cet endroit de mon histoire à de nouvelles matières sans faire honneur, par quelque peu de lignes, à la mémoire du greffier défunt (1), à qui j'ai des obligations si étroites, puisqu'il est certain qu'avec tout le bon cœur dont le prince et la princesse étoient portés à me faire du bien, jamais leurs obligeantes > nés pour moi n'auroient réussi si ce troisième et généreux patron (qui, dans la vérité, n'embrassa mes intérêts avec tant de chaleur gu'aûn de leur complaire) ne s'y fût pas pris avec autant d'affection qu'il fit. Aussi est-ce la considération de ces grands bienfaits qui me fait de la peine dans les vérités que j'ai

Leurs Hautes Puissances. En dehors du translateur, un clerc aux chiffres et un clerc pour l'expédition de lettres patentes se trouvaient attachés au greffe.

« Un des prédécesseurs de Rouble célèbre Abraham Wiequefort, avait, par son extrême habileté, rehaussé considérablement l'importance de la charge de translateur des états généraux; nommé à cet emploi, le 11 décembre 1666, il n'avait d'abord joui que d'un traitement de 1,200 florin* ; en récompense de ses travaux extraordinaires, à l'occasion de la triple alliance, ses appointements furent augmentés de 400 florins, par résolution du 30 janvier 1670. Gérard van der Meulen, qui le remplaça depuis juin 1675, jouit du même traitement, et rien ne fut changea cet égard pour Jean Ru, qui reçut, pendant la durée de ses fonctions, les appointements de 1,600 florins par an; c'était le traitement accordé au commis de l'assemblée de Leurs Hautes Puissances (résolution du 7 août 1670), avec cette différence que les copies qu'il délivrait lui procuraient un profit considérable.

« Grâce à la grande habileté deWicquefort, samission était devenue une mission de confiance ; il parait qu'il rédigeait souvent lui-même les réponses à faire ; c'est probablement pour cette raison que lui et son successeur Van der Meulen, dans le serment qu'ils devaient prêter aux états généraux, étaient tenus de promettre qu'ils ne communiqueraient à personne ni les pièces dont ils feraient la traduction, ni les ingrédients secrets qui leur seraient subministrés de par les états généraux, pour en former des lettres, réponses, etc.

« Le serment prêté parRou, en sa qualité de translateur, fut en tout point conforme à celui de ses prédécesseurs, Wicquefort et Van der Meulen. Après la mort de Jean Rou, la charge de translateur n'eut plus la même importance; son successeur, Daniel Louis, avocat devant la cour de Hollande, ne put obtenir les mêmes appointements; les états généraux décidèrent, le 29 décembre 1714, qu'il serait payé à raison des traductions qu'il serait appelé à faire. Les états généraux arrêtèrent enfin, par résolution du 17 juillet 1717, que dans les cas où les traductions qu'il aurait à faire rapporteraient moins que 600 florins par an, on y suppléerait jusqu'à concurrence de cette somme. C'est à ces gages que Philippe Saurin succéda à Daniel Louis en 1737, et Pierre Lionet à Philippe Saurin en 1738, dans l'emploi de translateur. »

(1) Il mourut le 11 février 1690, à .... heures après midi. [Note de l'auteur.)

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