AUTRES REMARQUES
« petites bagatelles, si je ne voulois vous convaincre entière- « ment que l'approbation que je donne à tout le reste est avec « une sincérité tout à fait sans flatterie.
« Je suis, mon très cher Monsieur, etc. « B. »
Pendant que je me trouve sur les consultations que je pris pour m'assurer du prix tel quel de cette pièce, je ne saurois oublier celle qu'entre autres je tirai de l'illustre et savant M. Gousset (1), mon ancien ami du temps de nos études à Saumur, parce qu'avec la solidité de ses graves et profondes études, il avoit une délicatesse pour les ouvrages d'esprit dont les gens doctes ne sont pas toujours capables. Cet excellent ami étoit venu faire un tour à la Haye pour quelques affaires particulières, et son bon cœur ne lui ayant pas permis de s'en retourner sans me voir, il m'avoit fait l'honneur de me chercher. La confiance réciproque que nous avions l'un envers l'autre pour tout ce qui regardoit nos occupations, fit que je lui communiquai mon Dialogue, et comme il étoit sur le point d'aller prendre la barque pour s'en retourner chez lui, il me pria de lui laisser cette pièce pour le désennuyer par le chemin, me promettant de me la renvoyer sitôt qu'il seroit arrivé, et avec les remarques que je lui avois demandées dans toute la sincérité de son cœur.
Comme M. Gousset n' étoit pas tout à fait bien entré dans ma pensée, il parut dans ce qu'il m'écrivit un peu plus difficile que M. Bayle, qui après ma révision n'avoit pas trouvé véritable matière de glose. C'est ce qui me détermina avec moins de peine à combattre les petites difficultés qu'il me fit ; de sorte
(1) Jacques Gousset desservait l'Eglise réformée de Poitiers, lorsque la révocation de l'Edit de Nantes le força à se retirer d'abord en Angleterre, puis en Hollande ; il devint l'un des pasteurs de l'Eglise de Dordrecht, puis, quelques années plus tard, il fut appelé à l'académie de Groningue, comme professeur de grec 84 fie théologie; c'est là qu'il mourut en 1704. (Haag, France pn >1 est mite.)