PF. M. GOUSSET
que, soit par complaisance ou autrement, il se rendit à mes raisons (1). Voici nos deux écrits, chacun en son rang :
« A Dort, le 20 mai 1090.
« Je vous renvoie, Monsieur, votre aimable écrit, qui m'a « doucement entretenu dans la barque. Il ne se peut rien de « plus pur, de plus naturel et de plus animé que le style, et il » répond à la naïveté et à la vivacité des pensées. Mais, puis- « que vous m'avez engagé à vous dire tout ce que j'en pense, « j'ajouterai à ces vérités que les parties dont il est composé « ne semblent pas assez proportionnées. Il y en a deux, l'en- « tretien d'innocente débauche et les louanges de Leurs Ma- « jestés ; leur longueur est trop égale. La première n'est re- « gardée par le lecteur que comme un préambule, et la seconde « est attendue comme le corps de la pièce: d'où il s'en suit que « celle-ci devoit être beaucoup plus étendue que l'autre, et, à « faute de cela, on n'en est pas bien rempli. Je vous dirai aussi « que la suscription est trop négligée : c'est le moindre en- « droit de tout l'ouvrage, et c'est pourtant celui qui fait la « dernière impression dans l'esprit. Mais vous rirez de m'en- « tendre faire le savant sur votre métier. Je passe donc à un « autre sujet, qui est sur la recette que je vous avois promise...
« Je suis de tout mon cœur à vous, et je garde une recou- « naissance profonde de toutes vos honnêtetés.
« Gousset. »
Réponse.
« La première de vos remarques, Monsieur, est si juste, et je
(1) Voici, en effet, ce quem'en écrivit M. Mutel dans sa lettre du 3 juillet 1690 : « A l'égard des observations de M. Gousset sur votre Dialogue, il m'a chargé de « vous dire qu'après les éclaircissements que vous lui avez donnés, il est satisfait, « il acquiesce, et il vous confesse de plus qu'il reconnaît que c'est une chose asti sez difficile que de vouloir critiquer des auteurs qui vivent encore. » [Note de VauteurA