COISTIMWTION DE SES ETUDES A SAT/MUR
celui de ma sottise; car j'ai déclaré ci-dc\ant, que je ne feindrois point en ce qui me regarde, de nommer les choses par leur nom, et de ne me point .flatter en quoi que ce soit. Ce jour donc étant venu, M. Amyraut monta en chaire pour nous dicter le thème; et comme, en faveur de ceux qui n'écrivent pas aussi vite que les autres, la personne qui dicte traîne un peu chaque période, en Tenant même parfois jusqu'à la répétition; pour moi qui avois la main prompte, en même temps que je couchois sur ma feuille le françois qui nous étoit prononcé, j'écrivois sur une autre le latin qui y devoit répondre, tout cela dans la vue d'avoir plus tôt besogne faite, et d'aller au plus vite trouver mon homme et mon cheval.
Effectivement, M. Amyraut ne fut pas plutôt descendu de chaire, et M. Druet (1) monté en sa place pour fournir son heure de garde, ainsi que tous les autres professeurs et les régents avoient à le faire, chacun à son tour, jusqu'à ce que tous les étudiants eussent fini, que je portai à M. Druet dès au bout d'un quart d'heure de son entrée, ma composition dont je m'étois seulement dépêché de faire une copie au net, laquelle en effet fut bientôt troussée. M. Druet me dit en la recevant : « Est-ce que c'est déjà fait? Yous allez bien vite en besogne ! mais peut-être vous en cuira-t-il. » Enfin, je partis qu'il n'était pas encore neuf heures, et M. Amyraut n' étoit monté en chaire qu'à huit. Par le chemin, j'aveignis de ma poche le brouillon de mon thème, afin de le repasser, et justement dans une période où j'avois mis de mon plus beau latin, mais qui étoit un peu longue, je reconnus un solécisme, que la trop grande distance des termes relatifs m'avoit fait commettre, et qu'indubitablement j'aurois corrigé si je me fusse donné la patience de relire
(1) Professeur do philosophie à l'académie de Saumur, prit avec Doull fait et cmus^ pour Moïse Amyraut contre d'Huisseau. Pièces authentiques et décisives sur lu question à qui doivent être imputées les troubles de l'Eglise réformée de Saumur.) Jurieu lit deux ans de philosophie sous lui. (ChauHepié., art. Jurieu. France protestante de MM. Haas'.)