‹ Mâemoires inâedits et opuscules de Jean RouChapitre 34 sur 188 · IL ÉTUDIE L'ESPAGNOL · texte numérisé non relu

IL ÉTUDIE L'ESPAGNOL

blesse impatiente qui n'est que trop ordinaire aux jeunes gens, de voir, comme on dit, leur nom moulé.

De cette belle course en pays italien, je voulus passer aussi en Espagne , et la station que j'y fis fut de bien plus longue durée, puisque c'est de là que sont venues mes deux grandes traductions de Savédra et de Mariana, dont je fis même bientôt imprimer la première (1) à l'appétit de 7 à 800 francs, dont la compagnie des libraires du Palais jugea à propos de me récompenser , et qui, malgré les grands faibles que j'y ai reconnus depuis par l'avancement de mes forces, n'a pas laissé d'être mentionnée assez honorablement par des personnes de très bon goût (M. de Vrigny (2) dans sa Défense du parlement d'Angleterre). Aussi M. le marquis de Dangeau voulut-il bien me faire l'honneur de me présenter à M. le Dauphin , à qui j'avois dédié cet ouvrage, ce qui fut sans doute la princi-

(1) Voici ce qu'en dit la Biographie universelle (vol. 80, suppl., art. Jean Bou): « On doit aussi à Jean Rou, le Prince chrétien et politique, traduit de l'espagnol,

« de Don Diègue Savédra Faxardo. Paris, 1668, 2 vol. in-12 (avec emblèmes gra- « vés). Cette traduction, dédiée au dauphin, obtint un tel succès, qu'il s'en fit une « nouvelle édition à Amsterdam, en 1670, 2 vol. petit in-12, laquelle peut s'an- « nexer à la collection des Elzevirs; les emblèmes sont mieux gravés que dans l'édi- « tion de Paris (l'emblème qui représente la cigogne sur la tour d'un temple est « resté en blanc dans l'édition de Paris.) Le traducteur expose dans sa préface la « méthode qu'il a suivie pour rendre les pensées de l'auteur original, et à la ma- « niere dont il s'exprime à ce sujet, on est porté de croire qu'il les a plus souvent « paraphrasées que traduites ; au surplus, texte et traduction, sont également ou- « bliés aujourd'hui. »

(2) Défense du Parlement d'Angleterre dans la cause de Jacques H, où il est traité de la puissance des Rois et du droit des peuples, par les anciens conciles et par les sentimens des sages et des savants, particulièrement de l'Eglise romaine; et enfin par des raisons tirées du droit de la nature et des gens, auxquelles on fait voir que l'Ecriture sainte s'accorde parfaitement, bien loin d'y être contraire.

Par De Vrigny, petit-fils de Duplessis-Mornay et réfugié en Hollande. Rotterdam, chez Abraham Acher, 1692.

L'auteur cite, d'après la traduction de Jean Rou, le témoignage « de l'illustre Don Diègue de Savédra Faxardo, plénipotentiaire de la maison de Bourgogne et plusieurs fois ambassadeur pour le roi Philippe IV, dont les sentiments sont d'un poids d'autant plus grand, qu'il les a l'ait pareille dans un livre l'ait exprès pour l'éducation de l'infant Balthazar, frère du roi Charles II régnant aujourd'hui en Espagne. »

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