‹ Mâemoires inâedits et opuscules de Jean RouChapitre 37 sur 188 · SON MARIAGE · texte numérisé non relu

SON MARIAGE

mon mal, je me mis à la traduction du Prince politique et chrétien de Savédra dont j'ai parlé, ouvrage qui. ayant été mis à fin, et ma fièvre quarte cessée, je retournai à Paris, où cet ouvrage iïit imprimé en 1GG8 (1).

Dès le commencement de Tannée précédente, n'étant plus occupé de mon Savédra, je pensai plus sérieusement à l'exécution de ce projet si singulier de mon Histoire universelle; et ce fut alors qu'usant d'un peu plus de prudence, à l'aide du Seigneur, qui veilloit sur moi, je reconnus que, sans me prémunir avant toutes choses de la possession des plus approfondis principes de la chronologie, je ne pouvois réussir dans une telle entreprise. J'y employai quatre ou cinq ans entiers avec la dernière application; après quoi, ayant reconnu tout de même l'importance des conciliations de la géographie ancienne avec la moderne, et tout de même celle de la généalogie, j'employai aussi beaucoup de temps à ces deux sortes d'étude, qui en effet sont, aussi bien que la chronologie, les plus clairvoyants yeux de l'histoire. Ces courses préliminaires étant achevées, ce qui fut en la même année au bout de laquelle je me mariai (2), savoir le 1er décembre 1669 (3), je procédai à l'ordonnai] ce de mes Tables, dont la première, qui est celle qui m'a coûté le plus de travail, fut mise au net quatre ou cinq fois de suite à reprises différentes, trouvant toujours à changer quel que chose, comme aussi c'est celle des quatre premières de mes

(1) Voir la note page 36.

(S) Voici la teneur de son acte de mariage :

« Les promesses de mariage d'entre Mc Jean Rou, advocat au Parlement, fils de deffu.nl M" Jacques Rou, vivant procureur au Parlement, et d'Elisabeth Toutin, ses père el mère, d'une part; — Et damoiselle Elle Ferdinand, fille de deffunt Pierre Elle Ferdinand, vivant peintre du Roy, et d'Anne Catier, ses père et mère, d'autre part, — Ayant esté vues au Consistoire, ont esté publiées par 3 Dimanches consécutifs sans qu'il y ait eu empêchement, savoir les 3, 10 et 17 Novembre 1669. — Et le Pimanche, 1 " Décembre du dit an, leur mariage a été béni et célébré par M. Daillé, père. « (Signé) Daillé, »

(Reg. in-fol. des Annonces de mariages du Temple de Charenton, pour l'an 1669.)

(3) Ma mère étoit alors âgée de dix-neuf ans, comme je lui ai ouï dire; elle étoit donc née en 1650, le 25 décembre. L. R. [Note du fils de l'auteur.]

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