A MADEMOISELLE DU PLESSJS-RAMBOUILLET
« Mademoiselle, « Je m'adresse à vous seule pour faire savoir de mes nouvelles à toute votre famille. Il me semble que cette témérité m'est plus pardonnable à votre égard à cause des relations qu'il y a eu entre vous et moi(l ), que si je F eusse portée jusqu'à madame votre mère ou à mademoiselle des Forges. Cependant il me falloit de nécessité faire l'un ou l'autre, ne pouvant résister davantage à la tentation de les remercier en forme de toutes les grâces qu'elles m'ont faites ; et je vous avoue même que je n'aurai point de véritable repos tant que je ne les sache informées de ma reconnaissance et de mon respect. Permettezmoi donc, s'il vous plaît, Mademoiselle, de faire ici une digression en leur faveur avant que de m'arrêter à vous seule ; la promenade sera un peu longue, mais je vous promets toujours quelque petit mot en passant; car je commence à quitter le sérieux, afin que vous le sachiez, et je vais égayer ma plume à mon ordinaire, moins pour m' épargner la fatigue d'une trop grande contention, qu'à vous celle d'une ennuyeuse lecture. J'ai résolu pour cet eflet de diviser ma lettre en trois parties,
(1) Jean Ron avoit, donné des leçons a Mademoiselle du Plessis-Rambouillet. (Voir page 793.)