‹ Mâemoires inâedits et opuscules de Jean RouChapitre 95 sur 188 · IIOIV, GOUVERNEUR W COMTE DE NORTHUMBERLAND · texte numérisé non relu

IIOIV, GOUVERNEUR W COMTE DE NORTHUMBERLAND

me rendre auprès de lui et de monsieur l'envoyé extraordinaire Savilc (1) (dont le dernier avoit reçu du roi son maître Tordre de mon installation), je fis voir ma dépèche à M. de Montausier, mais en lui déclarant que j'avois résolu de prier M. de luivigny de m1 obtenir un délai de quinze jours, jusqu'à ce que j'eusse achevé ce qui me restoit à faire à Saint-Germain. « INe « faites point cela, me dit obligeamment M. de Montausier ; « jusqu'ici je n'avois point laissé sortir ma cassette d'auprès « de moi, et c'est pour cela que je vous avois demandé de « venir demeurer ici. Mais je me fie entièrement en vous ; « emportez-la, mais gardez-la, je vous en prie, le moins que « vous pourrez. »

Je retournai donc dès le môme jour (mercredi 11° avril) à Paris; et deux jours après M. Saville me fit l'honneur de me venir prendre chez moi, et me mena à l'académie de Coulon , où le comte de Northumberland étoit déjà entré depuis quelques jours. Ce jeune seigneur étoit près de monter en carrosse pour aller à l'opéra, sous la conduite de son écuyer (le sieur de la Chénaye), qui dès lors le remit entièrement à la mienne. J'avois., dès la veille, été mené chez la duchesse de Cleveland, mère du comte, par un gentilhomme de M. de Ruvigny, pour recevoir son agrément et ses ordres, et elle me fit assez d'honnêtetés, quoiqu'il m'ait toujours paru depuis, qu'elle ne me voyait dans mon poste qu'avec chagrin. On en verra bientôt les raisons.

Je m'étois déjà expliqué avec M. Savile, et même avant lui avec M. de Ruvigny, sur les principes et les pratiques de la communion dans laquelle je devois élever mon royal pupille ; car on m'avoit fait entendre que je ne devois mon choix qu'au désir qu' avoit Sa Majesté Britannique d'attirer sur son fils les faveurs du Parlement, et d'obtenir pour lui un apanage, en le

(1) Il eut peu de mois après le brevet d'ambassadeur, et était frère du marquis d'Halifax (George Savile) . Il mourut à Paris en octobre ou novembre 1687, universellement regretU'v [Note de l'auteur.}

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