‹ Mâemoires inâedits et opuscules de Jean RouChapitre 98 sur 188 · ROU CESSE D'ETRE GOUVERNEUR · texte numérisé non relu

ROU CESSE D'ETRE GOUVERNEUR

Lettre de .V. Savile,

« J'espère, Monsieur, qu'à mon exemple, tous aurez appelé toute votre philosophie à votre secours; sérieusement la mienne a assez de peine à me servir de consolation au cha- « grin extrême que me donne l'ordre que j'ai reçu d'Angleterre « de vous dire que l'on n'a plus besoin de votre service auprès de M. de Northumbcrland, et que jusqu'à ce qu'on en- « voie un Anglais auprès de lui, il restera sous le soin de M. la Chénaye.

« Franchement, Monsieur, je suis si outré de cette affaire, « que je n'ai pas osé vous la dire, peur de vous montrer des « faiblesses que vous trouveriez trop violentes, même en votre « faveur, tant j'en suis touché. J'ai donc pris le parti de vous « récrire, et de vous supplier en même temps de croire que « tout ce que je pourrai faire au monde pour vous adoucir ou « pour vous réparer cet accident, sera assurément fait de bon « cœur, tellement que je vous donne toute permission de vous « servir de moi ou de mon nom de telle manière qu'il vous « plaira ; et h mon retour de la cour, je trouverai quelque « moyen de témoigner à tout le monde la distinction que je « fais à votre égard ; car je participe si fort avec vous de cette « mortification, que tout ce qu'il y a d'affront je le prends en- « tièrement sur moi. Il faut un peu voir comment nous nous « en pourrons faire raison avec le temps; pour le présent, « puisque j'ai reçu cette dure commission, il faut que je m'en « acquitte; vous aurez la bonté, Monsieur, d'avoir la même « résignation à cet avis; Dieu nous en console tous deux. Je « suis avec une vérité que je ne saurois exprimer, Monsieur, « votre très humble et très obéissant serviteur,

« Savile.

« Ce 28 septembre 1679. »

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