LE JARDIN DE L1SA
M" e Lisa, la gentille petite fille, avait un désir, un grand désir. Tant qu'il ne serait pas contenté, disait-elle, elle ne s'amuserait plus. L'était d'avoir un jardin; non celui de la ville, non celui de son papa, mais un jardin tout à elle, à elle seule, pour le bêcher, le planter, le bouleverser môme, si bon lui semblait. Son choix s'était fixé d'avance sur un terrain adossé au mur d'un côté, et de l'autre à la charmille; terrain bien abrité, juste de la grandeur voulue, où le soleil ne venait que le matin, réchauffer les résédas dont il était couvert. La maman de Lisa aimait beaucoup les résédas. La pauvre mignonne croyait que son papa ne voudrait jamais lui donner ce petit coin parfumé. Depuis deux jours elle en
Jevenait triste. Ayant bien récité sa leeon | et fait sa page à merveille, Lisa restait assise sur sa chaise. Point d'empressement pour aller jouer! Elle avait une mine sérieuse qui étonna ses parents.
Le papa, la prenant sur ses genoux, lui demanda à quoi elle songeait. Lisa se mit à le caresser, posa sa tête bouclée sur sa joue, puis l'embrassa si bien et tant, que son père lui dit :
« Tu es trop câline aujourd nui pour ne pas désirer quelque chose. »
Lisa rougit et regarda sa maman.
•» Allons, dis-nous ce que lu veux, répondit celle-ci : je suis très-contente de toi. Si c'est possible, nous te l'accorderons.
— Je voudrais un jardin.