A UN JEUNE HOMME
u t insecte occupe dans l'ensemble de la création, et s'il parvient à résoudre ce problème, la jouissance qu'il éprouve est d'un ordre aussi élevé que celle de l'artiste qui a réussi, à l'aide du pinceau, à donner un corps à son idéal.
Aussi, tout en vous recommandant ces ouvrages destinés à vulgariser la science, ma pensée n'est pas de vous la présenter comme devant former l'unique objet de vos études scientifiques. Loin de là; si vous voulez participer aux jouissances des naturalistes, sovez naturaliste vous-même, et allez aussi loin que vous le permettront les devoirs que vous avez à remplir. Dussiezvous rester en route et oublier par la suite ce que vous aurez appris, vous n'aurez pas pour cela |>erdu votre temps. Mais ici, je cède la parole à une autorité que vous ne récuserez pas, à Cuvier : « dette habitude, dit ce grand naturaliste, que l'on prend nécessairement en étudiant l'histoire naturelle, de classer dans son esprit un trèsgrand nombre d'idées, est l'un des avantages de cette science dont on a le moins
parlé, et qui deviendra peut-être le principalv lorsqu'elle aura été généralement introduite dans l'éducation commune. On s'exerce par là dans cette partie de la logique qui se nomme la méthode, par la raison que l'histoire naturelle est la science qui exige les méthodes les plus précises, comme la géométrie celle qui demande les raisonnements les plus rigoureux. Or, cet art de la méthode, une fois qu'on le possède bien, s'applique avec un avantage infini aux études les plus étrangères à l'histoire naturelle. Toute discussion qui suppose un classement de faits, toute recherche qui exige une distribution de matières, se fait d'après les mêmes lois; et tel jeune homme qui n'avait cru faire de celte science qu'un objet d'amusement, est surpris lui-même, à l'essai, de la facilité qu'elle lui a procurée pour débrouiller tous les genres d'affaires. »
Cette page, mon cher C. a été écrite pour vous; je la livre à vos réflexions sans y rien ajouter.
Tufouone Lacobdurk.