‹ Magasin d'education et de recréationChapitre 129 sur 142 · hl · texte numérisé non relu

hl

ÉDUCATION. — RÉCRÉATION

Pendant que je parlais, ma femme s'était levée et éloignée, et je ne tardai pas à la voir revenir tenant dans sa main le livre dont je regrettais d'être privé. Ce fut une sorte d'accomplissement féerique de mou désir ; et comme d'un regard étonné je semblais demander à notre chère ménagère d'où lui venait cette richesse, elle me dit en souriant :

« Le sac enchanté! Toujours le sac enchanté! »

Je ne pus m'einpêcher, avant d'ouvrir le livre, de signaler une fois de plus à mes enfants les avantages de la prévovance dont leur mère était un véritable modèle.

Il n'y eut qu'une voix pour approuver mes paroles. Touchée de cet hommage , celle qui en était l'objet nous embrassa tous les uns après les autres.

Après avoir lu différents chapitres du saint livre, dont je

tâchai de faire comprendre le sens à ma jeune famille, je déclarai accomplis les exercices religieux de la journée :

et je donnai à chacun la permission de se livrer à quelque distraction du corps ou de l'esprit.

Jacques me demanda mon air, et essaya d'armer les flèches avec les piquants du porc-épic; mais comme il ne parvenait pas à les assujettir : <» Si j'avais un peu de colle! » s'écria-l-il.

Je lui conseillai alors de faire fondre, dans une petite quantité d'eau, une de nos tablettes de bouillon. Il se trouva bien de ce conseil; et peu de temps après il avail à sa disposition un certain nombre de flèches qui eussent été des armes vraiment redoutables aux mains d un archer habile. Je pensai même a'ors qu'il serait à désirer que

mes fils s'exerçassent au tir de l'are, i l \ dev lussent adroits : notre provision depoudiv. bien qu'elle fut ample, n'étant pas inépuisable, nous devions en être le plus possible économes.

Je fus distrait de ces réflexions par une détonation d'arme ù feu, à la suite de laquelle je v is tomber à mes pieds cinq ou six oiseaux morts, que je ramassai . el (pie je reconnus pour être des ortolans.

C'était notre philosophe, qu«.

grimpé dans l'arbre, el vojant une foule de ces oiseaux perchés sur les hautes braiiches.

avait fait feu avec un fusil chargé de line grenaille.

Bientôt il se montra triomphant sur la plate-forme, eu criant : « Hein ! Ai -je bien visé? suis-je adroit?

— Très «adroit, lui do-fa mais tu as oublié qu'aujourd'hui , dimanche, la (liasse n'est pas permise. »

Ces paroles anvt' renl l'élan de Fritz et de Jacques, qui avaient déjà couru à leur fusil, et s'apprêtaient à imiter l'exemple de leur frère. Ernest lui-même descendit, et venant à moi d'un air confus, me pria 'le lui pardonner son étourderie. Je ne nie lis pas demander deux fois celte grâce. U fauie involontaire de mon petit chasseur venait de m'apprendre que nous avions ;i notre portée un gibier abondant et delicit- (les ortolans, attirés par les fruits de m»" 1 ' figuier gigantesque, peuplaient tous W arbres environnants. Il nous devait M* facile, soit avec des laCelS. soit au bOSOiS même à coups de fusil, de nous en procurer un grand nombre, et Connue je saVai* que. pour les délices des gourmands européens, on conserve ces oiseaux à WWW

Page 1