‹ Magasin des adolescentesChapitre 11 sur 33 · IV.' DIALOGTTE · texte numérisé non relu

IV.' DIALOGTTE

MABEM. BONNE. «

AixoNs, ma chère Mary, dites -nous votre histoire.

XiABY MAKY.

Achab ayant su rarrîvée d'Elie , vint au-devant de lui, let lui dit : n'est-ce pas vous qui troublez le royaume dUsraël , en empêchant, la pluie? Elie lui répondit: Ce n^est pas moi qui trouble le royaume , mais c'est vous et la maison de votre père , car vous adorez Baal : faites donc ass^nbler les quatre cents prêtres de Baal, que Jézabel nourrit à sa table.

Ces faux prophètes se trouvèrent avec Elie sur la montagne du Garmel ; et s'adressant aux Israélites , il leur dit : Jus-^ qu'à quand boiterez-vous des deux côtés , c'est-à-dire , servirez-vous deux Dieux ? Si Baal est le vrai Dieu^ il faut le servir tout seul. Si , au contraire , c'est l'Etemel que je vous annonce , qui est le vrai Dieu , il £aut lui sacrifier Baal. Mainte^

l38 Xi£ MAG^ASljr

nant , pour voir qui des deux est le vrai Dieu , il faut faire une épreuve. Je suis resté seul des prophètes de FËternel , et Baal a quatre cent cinquante prêtres* Donnez*nous à chacun une victime , nous la mettrons sur Tautel , mais nous n^y mettrons point de feu : la victime qui sera consumée par le feu. du ciel, aura été offerte au vrai Dieu^ On donna dont une victime auic prêtres de Baal ^ et de» puis le matin jusqu'au soir , ils crièrent ,à leur Dieu , pour qu'il fit tomber le feu du ciel sur la victime ; ils se découpaient même la chair avec des canifs pour le toucher. A midi , Elle fit un aiitel avec douze pierres , selon le nombre des tri"bus; il fit ensuite un fossé autour de l'autel ) sût lequel il avait placé sa vic« timej il la fit arroser d'eau jusqu'à sept fois , en sorte qu'elle en était toute trempée , et l'eau remplissait le fossé. Alors Elie y élevant sa voix , pria l'Etemel ^ et aussitôt un grand feu consuma la victime , l'autel y et même l'eau qui était dans le fossé.

Le peuple d'Israël voyant ce prodige , tomba la face contre terre , en disant :

BBS A])OI*£8C£KT£8. l3$

IfËternel est le seul Dieu« Si vous croyex que cela sdt ainsi , dit Elie , prenez tous h$ prêtres de Baal qui vous trompent ^ !tt allez les immoler. Le peuple obéit à EMey et ainsi tous les prêtres de Baal «périrent en ce jour.

Cependant Elie , appuyant la tête sur ^ses genoux , pria Dieu de donner de la pluie, et envoya son valet jusqu'à sept fois y pour voir s'il ne découvrirait rien. , A la septième fois , ce valet lui dit : Je vois un petit nuage qui s'élève de la mer. Alors Elie dit à Achab : Montez promprtement dans votre chariot pour retour- :iier en votre ville y car nous allons avoir une très-^ande pluie j et la chose arriva comme le [Mrophète l'avait prédite.

Jézabel ayant appris le traitement qu'Eue avait fait faire à ses prêtres ^ lui fit dire : Avant qu'il soit vingt - quatre heures , je te traiterai comme tu as traité ceux que je protégeais. Elie, à ces paroles , se sauva dans le désert , où il mar- .cha un jour entier; après quoi s'étant assis sous un arbre, son ame s'abandonna à la tristesse ^ et il pria Dieu de le retirer du monde. U s'endormit ensuite ^ et un

l4o Ii:E Mik^ASlN

angel'ayaai poussé , lui dk :> Manges un morceau. £lie :vit de là nduniture auprès 4e lui , et ayaat mangé , il se rendormie L'ange le réveilla une seconde fois, en lui disant : Matigez encore^ car il vous reste un grand chemin à faire. Elie obéit à l'ange ; et cette nourriture le fortifia tellement , qu'il marcha pendant quarante jours et 'quarante nuits , jusqu'à ce qu'il

fut arrivé à la montagne de Dieu , en Oreb.

liABTT SENSÉE.

Mon Dieu , ma Bonne , que PHistoire -Sainte est belle I Quoique vous me l'ayez fait apprendre par cœur > je l'écoute avec autant de plaisir que si je né l'avais jamais entendue.

liADT MAitr.

Et moi, ma Bonne, je l'aime mieux que les contes des fées ; croiriez - vous vbîen que je ne me soucie plus guère de ceux-là , parce que je pense que tout ce qu'il y à dans ces contes n'est pas vrai.

MAD£M. BONNE

C'est que vous commencez à être une grande fille. Les contes sont bons à amu-

DES ABOIiSaC ENTES. l4l

aer les enfains ;, et quand ob •devient grande et raisonnabler, on aurait «honte de ne s'occuper que de efaoses fausses : aussi ne vous en durai— je plus guère ,i parce '. qu'outre les histop*es de la Sainte Ecrituis , j^en ai un graflotd nombre d'au^' Ires^ À VOUS: raconter ^ qui sont très-amu"^ sa&tes £t qiU)S(Mit Ycaîes.

XADY LOUISE.

11 faut que je vous avoue , ma Bonne , qu'il y a certains contes que je lis avec plaisir. iPar exemple , il me semblés que la fable de lady Sensée vaut une hâatoirè^ et on y trouve d'uiîles leçons.

liADY CHARIiOTT,E.

. Ma Bonue.fait des contes e;(près.f|Qur' nous^ mesdainps. Yo^s n'jétiez.pas à no^ leçoa^,il y a deux ans ;. ma Bonne nous fit uu GOQte d'ujEie' certaine Elise qui ét^t mon poytrs^it ; elle ^'a^rait peut-être pas trouvé dans une histoire véritable une personne qui me ressemblât si bien : je vous assure que cela a beaucoup, servi à pie cçtrriger. . , .

£b bien, ma chère ; nous en aurons

l4s liE MAOÂSIK

encore quelquefois de pareils , puisquevous en profitez si bien. Faisons main* tenant quelques réflexions sur l'histoire que nous venons d'entendre*

S'il venait un prophète dans la ville de Londres, ne pourrait-il pas nous dire, eomme Elie aux Israélites : Jusqu^à quand hoiterez^voua des deux côtéé ?

8i V Eternel est le vrcU Dieu, il faut lui eacrifier les autres Dieux»

MISS MOUIiY.

Mais y ma Bonne , est - ce que nous adorons les idoles ?

HADEM. BONNE.

Hélas ! il tf^t que trop vrai , ma chère. L'argent est l'idole des avares et de bien d'autres gens qui ne croient pas l'être. L'ambition est le dieu de ceux qui veulent commander j la vanité, de celles qui veulent briller par leur beauté , leur esprit.Xa comédie , Topera, les assemblées, le bal , sont les idoles de celles qui ne pensent qu'à se divertir. La bonne chère est l'idole des gourmandis. Je ne finirais pas, si je vous nommais toutes les idoles que BOUS adorons, c'est-à-dire, auxquelles

DES AHOIiXSCEKTES. l43

nous sacrifions ce que nous devons à Dieu,

li^BY CHARLOTTE,.

Esi-ce qae le bal, la eomëdie et toutes ces autres choses sont des péchés ?

^ HABEH. BONNE.

Comment vous répondre , ma chère ?

Si je vous dis la vérité , je passerai pour une folle , une extravagante ; et si je ne vous la dis pas , je manquerai à mon de^ voir. Ma^réptitation et la crainte qu'oii $e moque de moi , seront l'idole à laquelle je âkcrifierai ce que je dois à la vérité et à vous. Avant de vous répondre, ma chère , voyons un peu ; êtes- vous chré-» ^nne ?

léAJiY CHARLOTTE.,

Assurément nous le sommes toutes, j^e pense.

HABEM. BONNE,

Mais me diriez-vous bien ce que c'est qu'une chrétienne ? Qu'en pensez-vous , lady Lucie? vous êtes la plus âgée de la compagnie, et par conséquent celle quj doit é^ la mieux in;$truite,

l44 liB MAGkASIN

tiADY liUCIE.

Assurément ces dames le sont toutes plus que moi ; cependant je croîs que je le suis assez pour répondre à votre ques^ tion. Une chrétienne est une perscmne qui croit en Jésus-Ourist.

MABBM. BONNE.

Cest quelque diose , mademoiselle , mais ce n'est pas assez. Pouf être chrétienne, il faut non-seulement jcroire en Jésus - Christ , mais encore être animée de sou esprit , croire à ses maximes , les adopter , aimer ce qu'il a aimé , haïr ce qu'il a h^ï et proscrit. Lorsque nous répéterons la vie de Jésus-Christ dans FEvangile, nous examinerons quel a été Pesprit de ce Dieu homme j qui est non-seulement no|re sauveur > m^ enepr^ notre modèle ; et ce sera d'après lui que je vous répondrai. Tout ce que je puis tous dire en attendant , c'est qu'il y a parmi les choses que nous avons nommées , plu- sieurs divertissemens contraires à l'esprit du christianisme , comm'^ les comédies , telles que sont^ celles qu'on représente aujourd'hui sur votre théâtre, et plu-^

DJB5 À<)bXi£sfc£îrr£S. i45 Sienrs de ctiles qui se jcfnent sur leé Hêtres. Psar rapport aux assemblées , aii bal et aux aujtres plafisrrs , on pourrait tiBre qu'ils ne sont pas ipéthê par eux* mêmes , mais qif ikle détiennent presque indubitid)lement par ks circonstances qm les accompagnent , et parce qu'on s'y livre sans modération et aux dépens de ses deroirs. Ceci tous paraîtra bien sévère , mesdames ; meSs ce n'est pas moi qui suîs l'atrteur de cette doctrine, comme je vous Vai dit , et comme je vous le prouverai bientôt. Continuer lliistmre d'Ëlie, wiss MoHj.

MlSil MOLIiY.

Ëlie ^tra dans une cavesme poiur y pas9CT la nuit, et le Seigneur lia demanda d'aUer sur la montagne pour VaKtendre^ parce qu'il devait s'y trouver d'une manière particulière. Alors il passa un vent impémeux qui renversait les ad>res et brisait les rocfaef:s ; et Ëtie connut que le Seigneur n'était fas aVec ce terriÛe vent. 11 vînt ensuîite un trem* blement de terre , et le Seigneur n'était pas dans cçrjrendilement. 11 vîat ensuile

un ^and feu , et Elie sentit que le Sei-^ gneur n'était pas dans ce feu. Après cela, il vint un vent doux comme im zéphyr : alors Elie s'enveloppa dans son manteau^^ et se prosterpa.la face contre terre ; il reconnut que ce vent doux an->uônjçait ^a présence du Seigneur j et il entendit une voix qui lui dit : Elie, quelle .aifaire as-tu ici ? Seigneur , répondit-il , le zèle de votre gloire m'a dévoré; la jalousie s'est emparée de mon ame et de jnon cœur , parce que les Israélites vous ont abandonné pour des idoles. Dieu lui dit alors : Va- 1 -en par le chemin qui mène à Damas y et tu oindras Hasaël pour roi de Syrie ; tu oindras aussi Jéhu poiw roi d'Israël; prends aussi Elisée , tu ie oindras prophète en ta place : les deux rois que tu vas sacrer, me vengeront de ^Finfidélité et de l'ingratitude des Israélites ; car celui qui échappera à l'épée de Jéhu , tombera sous celle d'Hasaël^'mais je conserverai sept mille hommes qui n'ont point fléchi les genoux devant Baal. Elie descendit de la montagne, et ayant trouvé Elisée qui labourait la terre, il jeta sou manteau sur lui; Elisée prit

DES AU0X«B8CXNTE$. 14^

deux bœufs qu'il sistcrifia au Seigneur ; et •ayani pris congé de sda père et de sa mère y àprèk en avoir denaandé ia permission à HiJ3i, il le suivit.

^ Gepex^ant celui qui était alors roi dé Syrie ^nt pour faire la guerre aux Israér Jites^ iBsaiSiîls remportèrent sur \ni une graiidè Yictoiré j qui avait 4ié annoncée par des prophètes. Cela ne rendit pas Acbab plus obéissant aux ordres de Dieu; au con^aîre , il fit ^ttianee avec lé loi de Syrie ^ et lui pardonna , quoique \e Seignrâr le lui eût iait. dépendre expressément. Il- commit encore un autre crime en la personne <l'un homme nommé Naboth. Cet homme avait une petite vigne proéhe du palais d'Achab , et le toi lui dit : Donne-moi* ta vigne pour en faire un jardin ,: je feik donnerai. «(ne meilleure , ou Tacgent qut tu en voudr as« Nabotli lui répondit : Je ne veux point vendre l'héritage de mes pères: Achab , outré de colère , revînt cbe^ hiî et ne vodut pas manger. Sa fëmmé Jésabel ayant appris' le sujet de sa tristesse , se moqua de lui;, et Ht dit : N'êtes -vous |>as roi et maître ? ne pouvez-vous pas

faké céi tfaTû vous piaira? Man^^ et je^ous ferai avoir ceue vigne» Alors Jé^* sabel fit accuser I^alootli d'aroir blas^ phémé le saint tiom de Dieu ; et il fiot lapidé , c'est ^ •k •'-«dit e , tué k coops de pterines > OMSttiç. M loi le commandait A^^ dyànl apjpvis ^a molf t ^ fnt prm^ dre pcistession de scn. hérita^ } maià Bien }tii etiToya Ëlie, qtà M dit : Cotetnekf ^kiefifr ôiit Uohé le sang de Naboth; de ftiëme ild Ikke^ôni ton aaHg ^ car ta t^ Veédu |i^Mfr oomineitte toôtesi aàrtèa dé ^tàihm i et lin t^e» iii^ feac^wre éa péché ^t de JéMjbel ^ {Meu ^ à canse à^ çdb> TBCl^à là tnàisoii de deasuç la «erre , et pfnnira aUsfti ta mécbatite ietimie y qm èera miangée des (^iens^ Aicliab^ i^ant :«î)iteiïdli cen poêles ^ s'htÉniHA devant Dieu , ^i dit k filie : Parce qif Aefaab is^eét hutniKé ^ \tn maliieuira dœit yé l'ai wenaeë, n'ayriiraront ^e soiis lé ràgiia dfeîKmfite.

Geftte histoire me fournil une réfiesian bieû imi^is^e mt Ip jusIUse et la ptro* vidtneè dé Di^n. U ^ûtkOïxà une ffwaàt inortâlifé côbtrê \m ^pkw d'israel ^ il

DÈS ABOt£3<^£;Mt£S. tà^

les abandonne à Vtpée de Jéhu et d'Ha^ saël;m«s, ajonl^-i^il, fe snuyerai sçpt mille hommes , parée qu'ils n'ont pas fléchi h$' genotix detant Bae^. Gtst coiirme s'il eût dit : n'sllei pas çioire que je permette que l'iimoceiitsoit tné avec le coupable ; non , )^ VQÎHerai sut ceux qui me sont restés fidèles. Les tiommçs croirobt que c'est par hasard que quelques-uns seront tués et que les autres se sauveront ; mais ils se trom-» peront ; il n'y Ta potùt de hasard : c'est BKH qui gouvenie tout. Je défendrai à Pëpëe de ces princes de toucher à mes serviteurs. Jéha et Hasaél ne les con*^ nsosseni pâs; mais je les coonass, moi, et ilis seront en sûreté sous maprotectk»» Remai^quaz ansai, mes eufins, que Dieu ne se communique point au pvo** phète Ëlie dans un grand vent^ dans ma tremblement de terre , dans un feu violent, mais dans un zéphyr doux et paisible. Gela veut dire , mejkJamts , que Dieu ne se communique pas daiis le tu-« muke du grand monde ; ce n'est pas. là 6u on le trouvé et où il donne des pensées, saintes et les bons mouvemens : il

]6o lifi ICAGASllf

parle an cœur d&s gens, de bien daais la retraite. Si tous vops tenex iraiiquîlleneiit dans TOtre maison , occupées à j remplir. Tos devoirs, c'est là que Dieu TOUS parlera et tous inspirera ce que TOUS deTez faire.

liÀpY GHÀRIiOirrB.

Est-ce que nous avons besoin que Dieu

BOUS inspire ? Nous ne sommes pas destinées à être prophètes comme Élie.

PauTre enfant^ quelle question i»e Ikîfces^Tftus ? Apprenez , ma chère >qac BOUS avons en nous les dispositîoitô pro^ chainejs à commettre tantes sortes de^ crimes. Oui, mesdames^ nous sommes alléchantes ^ abominables par nous^-niemes, et incapables d'avoir une bonûe pensée , ou de faire une seule bonne action sans, le secours particulier du Seigneur. I^écher , faire ^du mal , Toilà notre unique talent. Fai^e de bonnes actions , B^estl'ouTrage du Seigneur eu nous* Nous sommes sur le bord d*un précipice 5 suspendues à un filj c'est-à-dire , près de tomber à tQut moment dans faby>tt«

DES 'ABOIiB8C£I^TES. l5l

du crime ; mais ce qui doit nous rassurer, c'est que le fil qui nous soutient est dansla main du Toui-Puissant , qui ne nous laissera jamais tomber, à moins que nous ne le Toutions absolument. 11 nous présente à tout moment ses grâces pour nous contenir j il nous offre dans tous les instans de notre yie ses secours , ses ins* pirations et ses bonnes pensées.

Je voudrais, mes chères enfaus , vous répéter cela en mille manières. Toilà le fondement du cbristianisme , et le fou-* dément de toutes les vertus , une grande défiance de nous-mêmes , une confiance sans bornes dans le secours de Dieu.

IiABT MARY.

Comment , ma Bonne , toutes les bonnes actions que j'ai faites dans ma vie , je n'aurais pas pu les faire isans un secours particulier de Dieu ?

MABEM. BONNE.

Non , ma chère , et toutes les mauvaises actions que vous avez faites , vous auriez pu les éviter avec le secours de Dieu ; il vous l'a présenté au moment de fisdre ces iaauvaises actions } il a cné

biefi kaotà roréille de votre ame : prends {Harde à toi , tu vas m%&ns& y tu ras de*

Tenir médàante.

liADY MART.

Je TOUS jure^ ma Bonne, que bien souvent je ne Fai pas entendu.

MABEM. BONNE.

Ce n-est pas la faute de cette toîx, ma chère j vous étiez si dissipée ^ vos pas*sions faisaient tant de- bruit y que tous taie pouTiez pas l'entendre ; et Tcôlà pourquoi je TOUS disais tout-à-llieure qu'il faut' aimer la retraite , le silence , qu'on ne trouTe point dans le grand monde.

liADY T£MP:êTE.

Voilà une doctrine bien çéTcre , ma "^onne ; si cç.que tous dites est Trai , il ne faudrait jamais se dtTertir ni sortir*

' ïl faudrait moins Sortir , et cela n'empêcherait j^s d'aToir du plaisir. Croyez^ vous donc ^ mesdames , qu'il n'y • ait de plaisir que dans le grand monde ?

Crqyez-TQUS que le petit nombre des

éamie^ çpn s'occupent uniqueiMnt à • remplir leurs devoirs ne soi^t pas heu« révises ? Vous seriez i>ien dans l'erreur. •Ten ai connu qui , pour se livrer à P-education de leur famille qui était nombreuse y âTaiem renoncé absolument aHX spectacles, nu jeu, aabai , et à tous leB amusemens pareils. Je vous assure qu'elles n^auraîent pas changé leur état contre celui de ces femmes dissipées , qm courent il'amiisemens en amuse^ métis , saus pouvoir y rencontrer le botthenr. D'altteurs , mes enfans , ce n'esfc pas moî qui siits «évcre , c'est le Saint^ Eâprit. lia première ibis, lady Sensée vous répétera le portrait qu'il £ut de la • femme forte , et vous me trouverez bien douce en comparaison. Tous avez l'air l^onstenié y mesdames f

Oui , en vérité , ma Boune , je vais

voQs dke ce que je pense. Je vois bien

que tout ce que vous nous dites est vrai|

je suis chrétienne , je ne veux pas aller

en enfer ; jainsi , s'il fauA ^e déterminer .

i vivre comme vous nous dites , j'y suis

l54 XiS.MAGASlH ,

xésolue^ mais, je ne puis m'eropee^er de penser qu'il est bien du-r pour des diuxies de notre âge de renoncer à tous les {daîsirs.

Et. qui Yous dit , ma chère , qjill f^ut renoncer aux plaisirs, pour çtre chrétienne et aller au ciel 2 Ne m^ayea-yous pas entendue lorsque j^e vous ai dit que celles qui le font , se trompent mille; û>is plus heureuses que. les aiitrps ? Je. tous exhorte à renoncer à de faux plaisirs ^ pour Yous en procurer de plus gran^.

Les plaisirs que j'attaque sont, de vrai$ chagrins habillés en plaisirs ; ^e veux leur pter leur masque y et vous les montrer tek qu'ils, sont^ Ne vous ai-je pas ^ dit que la philosojphie était l'ar^ de. vivre heureux en vivant vertueusement? Dil^Sr moi y. mademoiselle , vous coure» après le bonheur^ n'est-ce pas? Eh bien, sî je iroHvp moyen d« vous y conduite par le chemin le plus court et le plus ai^é,^ serez-rvous satisfaite ?

Qui y ma Bonne ^ je ne demande que cela.

DES ABOI1ESCEKTE8; iBB HABEUL BONNE.

Fîez-vousl à ma parole , je vous ren»

draî heureuse. Je yeux même faire plus ; je n'exige pas que vous me croyiez sans preuve': je m'offre à vouis faire comprendre qu'il n'y a pas d'autre chemin pot^r aller 'au l>onlieur , que celui dans lequel je prétends vous faire entrer.

LADY liOUISE.

Je suis bien curieuse de cette preuve ^ car \c vous avoue que j'ai un furieux penchant à être heureuse.

MABEM. BONKK

C'est le penchant dé tous les hominfes^ ma chère : nous soDames faites pour le bonheur , nous le cherchons toute nçytre vie , et nous ne nous avisons jamais^ de demander où il loge. 'Nous l'examî-» nerons la première mâtinée àa nous nous rassemblerons pour parler de philoso-^ phie : à présent , nous dirons un petit mot de géographie avant de nous quitter»

liADT 8E:NSéE.

Nous en sommes , je crois j aux pr»* vinces que l'on trouve à l'ouest de Ut

France. P^qus avons pasjlé *de la Breta* gne j elle a au sud le Ppiiou,

La capitale de cette province esc Poitiers 5ur la rivière du Gain. C'est une très'^grande ville , mais mal bâtie. On trouve encore dans cette province la ville ^e Ghâtellçrault , où Ton fait de fort beaux couteaux et de faux diamans. Outre la rivière du Clain^ la Vienne, la Sévre et la Charente , passent aussi dans celte province : elle avait autrefois fe 'titre de comté. Eléonor de Guiemie l'apporta en mariage k Henri II , roi d'Angleterre^ ttiàis cHe fui teconquise pfu: Ghaf^ks Y ^ roi de Friance , ^oi la doAW à iioà ir^e Jean , duo de Benri. Après la^ imnst ^,ce pri^^e qui a'ieiU que. des filles, Charles YI donna le Pottoa à MA fils Jean qui mourut sans m£mis; en 14x6 et^kpâis ce moBMiti le PoiDou lut réuni à la couronna de France.

1>ES ApOIiCSCEKtTES. kSf

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