VIII* DIALOGUE
MADEM. BONHE.
XjABY Sensée , rappelez-nous où nous en sommes restées la dernière fois.
liABT SENSÉE.
A la définition du bonheur. Vous nous ayez dit qu'un cœur heureux était celui qui ne desirait rien ^ et qui ne craignait rien. .
MADEM. iBOKNE.
Et TOUS ai-je prouvé que cette définition était juste?
liADYSENSÉE.
Je ne crois pas , ma Bonne.
MADEM. BONNE
En ce cas y mesdames , il faut l'exa-
6 r.E inrACJAsiK ^
miner selon la méthode que nous nous sommes - prescrites ; car vous savez bien que nous ne devons croire aucune proposition , à moins que ce ne soit ua ajLiome.
liADY liOUISE.
Permettez-moi de vous demander ce que c'est qu'un axiome ^ je ta'entçnds pas bien ce mot.
MADEM. BONNE
Je devais commencer par vous l'expliquer 9 ainsi que plusieurs autres mots propres aux sciences ; vous les trouverez en plusieurs endroits, et faute de les entendre , vous ne pourriez comprendre des choses fort amusantes \ de plus y je veux égayer nos leçoos, en y mêlant quelquefois un peu de phj^que : bien peu , mes enfans, car je n'en sais guère ; mais je vous ferai part de ce que j'en sais y pour faire ma cour à lady Yiolente.
liADY VIOIiENTE.
Je vous suis bien obligée de votre complaisance ; et moi je veux vous faire ma cour aussi , en vous disant que vous avez l^agné plus d'à moitié votre gageure.
MABEM. BONNE.
Gomment, ma chère , vous ne me haïssez donc plus , ni moi , ni mes leçons ?
XADY VIOIiENTE.
Bien au contraire , ma Bonne , car )e commence à vous aimer beaucoup ; mais je ne veux pas vous interrompre y ditesnous ce que c'est qu'un axiome ?
MADEM. BONNE
Cest une vérité si claire , qu'on ne peut en douter sans renoncer aux lumières du bon sens ; une vérité qu'un enfant de quatre ans pourrait comprendre. Voici un axiome. On ne peut donner ce que Von n^apas. Cela est bien clair, comme vous voyez. En voici un autre. Le con^ traire d^une chose ivraie est une chose fausse. Entendez-vous bien cela , lady Mary ?
liADY MARY.
A merveille , ma Bonne : ce gros mot un axiome m'avait effrayée , et cepen d(|nt je vois que cela est la chose du monde la plus facile à comprendre. S'il est vrai que vous soyez dans cette cham-
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bre, il n'est pas vrai que vous en soyez absente. Votre présence ici est une vérité ; votre absence , qui est le contranre de cette vérité , est un mensonge.
liADY liOUISE.
Ma Bonne , n'est-ce pas aussi un axiome , que si un principe est vrai , sa conséquence ne peut être fausse ?
MAX>£M. BONNE
Oui , madame , nous l'avions expliqué l'autre jour. Voici encore un axiome.
La -partie n^est pas si grande que le tout,