‹ Magasin des adolescentesChapitre 26 sur 33 · I-ADY VIOIiBNTB · texte numérisé non relu

I-ADY VIOIiBNTB

Ces gens-là qui cha^tçnt pendant qu^oa, las Lrùle , ont sans doute été à l'école che% les Lacédémoniens. Tous soi:ivientil, ma Bonne, de cet enfant qui avait volé. un renard?

MADEM. BOÎ^KE.

^ Je m'en souviens , ma chère ; mais il y a peut-être quelques-unes de ces dames qiïi ne savent pas cette histoire , ainsi je vous prie de. la raconter; et (outes les fois que vous en saurez quelqu'une qui viendra à propos de ce que nous dirons y je vous prie de nous la raconter aussi , cela vous habituera à parler français,

& j'aT£a;st su vQtre inteatioa, ma Bonne^ )e voi^s en aurais déjà raconté quelque^-: unes : par exemple , quand vous nous ayea^ parlé des Iroquois , qui tuent leurs pères pour leur épargner les incommodités de la vieillesse , cela m'a rappelé cet excellent remède contre la coliqqe , que vous m'apprîtes il y a deujt ans. Je vais com-. mencer par l'histoire du petit garçon de Sparte , et. je dirai l'autre ensuite.

Dans la ville de Sparte ^ on donnait permission aux enfans de venir dans les salles publiques où l'on mangeait , et d'y voler tout ce qu'ils pourraient y pourvu qu'on ne s'en aperçût pas ; car si l'on découvrait leur vol , ils étaient méprisés y et ils craignaient le mépris plus que la mort Un jour un jeune garçon vola un petit renard et le cacha sous sa rche. Ce cenard, qui s'impatientait d'être mal à son aise , déchira tout le ventre du petit garçon* ^ eus sentez . bien , mesdames , qu'il devait souffrir les plus grandes douleurs ; cependant il ne jeta pas un seul cri, dans la crainte qu'on ne décou vrîtson yol y et il tomba mort sans s'être plaint*

DEÏ AïK)IiE8CENTES, 121 MIÔ^S MOIiïiT.

Ce devait être un jolî pays qwe Sparte^ puisqu^OB accoutumait les eufacîs à voler: ou n'était pas en surete dans sa maison , et les gens riches étaient à tout moment en danger de devenir pauvres.

1CA0EM» BOKNB.

. li n'y aiviait ni pauvres , m riches à Sparte , cotnme nous Fexpliquerons là première faîs.«.... Mais qu'avez-rous , tàdy Violente ? yous faites une vilaine grimace ; qu^est-ce qui vous f&che , ma dière ?

IiABY VIOLENTE.

Ne voyez- vous pas que miss MoUy m'a interrompue j j'avais encore une autre histoire à raconter, que ne m'a-t-elle laissé dire a:vant dé parler ?

MABEM. BOKNB,

£coutez-moi bien , ma chère.. Si cela vous était arrivé Tannée passée , je n'aurais eu garde de vous reprendre *: vous étiez alors ^^ne sotte petite fill« qu'il fal^ laU flatter ; mais aujourd'hui que vous êtes uae dame raisonnable et pleine d'es- II. 6

lâil liE MAGASIN

prit, je TOUS dirai que vous êtes une orgueilleuse et un esprit mal fait, de bouder pour une semblable bagatelle.

«Pavoue qu'il eût été plus poli à miss MoUy d'attendre , pour parler , que vous eussiez fini , car il ne faut jamais interrompre personne ; mais parée qu'elle a manqué de politesse , faut*il que vous manquiez de bon sens ? Y a-t*-il rien de si sot que de se fâcher contre une per* sonne t|ui n'a pas eu dessein de vous offenser ? G)nvenez-en , ma obère ; et au lieu d'être fâchée contre votre compagne, pensez au contraire qu'il serait fort heu-^ reux pour vous de rencontrer souvent de pareilles aventures, parce que cela vous accoutumerait à vaincre vos passions , et sur-tout à être contrariée. Tous n'aimez pas cela , ma chère.... Hais vous riez.

^ADT YIOLENTB.

Oui , et je pleure en même tems y quand je pense que pour avoir la liberté de me dire des injures , vous avez commencé à me faire des complimens, je lie puis m'empécher de rire de votre ruse. Vous avez bien de la malice, ma Bonnei

DES ADOIiESCENTES. 1^3

VOUS ressemblez à maman : quand elle veut me faire prendre une médecine ^ ^le l'enveloppe dans des confitures.

MADEM. BONNE

Et quel mal y a-t-il a cela , ma chère? Etes -vous fâchée que f aye cherché à vous mettre de. bonne humeur en vous flattant un peu , pour vous engagera bien recevoir la petite correction que j'avais «ivie de vous faire? .

liADY VIOIiENTE.

J'en isuis bien aise et j'en suis fâchée tout à la fois. J'en suis bien aise^ parce ^ue je me serais mise en colère sans cela ; mais je suis fâchée d'être encore si sotte , qu'il faille prendre tant de pré*- <^aution avec moi , cela me rend bien honteuse.

IfADEM. BONNE.

Voilà d'excellentes dispositions. D'ailleurs , ma chère , quand je dis que j'ai commencé par vous flatter , je m'exprime mal i je n'ai point exagéré : il est certain que vous vous êtes si fort corrigée que. vous n'êtes plus reconnaissa-

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ble; il est vrai aussi qu'il reste encore lin grand ouvrage à faire ; mais je réponds que vous en viendrez à bout , ce qui ne m'empêchera pas de prendre toujours., en vous avertissant de vos fautes, toutes lés précautions que je croirai nécessaires pour ne vous pasfâchet. Je serais Irès-conténlèsi je pouvais vous apprendre par mon exemple comment vous devcîz reprendre ceux qui dépendront de vous quelque jour. Lapretûière fois nous écouterons votre histoire , et nous dirons an mot des lois des Lacédémoniens : aujourd'hui nous n'avons que le tems nécessaûce pour répéter la géographie.

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