I-ADY CHARIiOTTE
Et pourquoi ne choisirait-elle pas , â Dieu le voulait bien ?
MABEM. BONNE.
Parce qu'elle aurait peur de choisir tout de travers. Je suppose , mesdames, que Dieu me dit aujourd'hui : la Bonne , vous êtes pauvre , vous êtes malade : si vous voulez, vous pouvez être riche et avoir une bonne santé , vous n'avez qu'à souhaiter.
MISS SOPHIE
Je suppose que vous souhaiteriez bien vite des richesses et la santé , n'est - ce pas y ma Bonne ? car assurément ces choses sont meilleures que la pauvreté et la maladie.
MADEM. BONNE
J'espere que je ne serais pas si sotte. Je dirais , ce me semble , au bon Dieu : Seigneur, vous savez- que je ne suis qu'une pauvre aveugle qui ne connais pas les choses qui me sont ayaniageuses* Peut-être la sanlé et les richesses me
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rendraient-elles plus méchante, que je ne le suis à présent. Aytz donc la bonté de choisir pour moi j car vous êtes la souveraine sagesse , et vous ^connaissez ce qui convieuit le mieux pour le salut de mon an^e. Je serai contente de tout ce ^que vous me donnerez , parce que je sais que vous êtes très-bon , et (pie vous m'aintea véritablement. Souvenez-vous , Jnêsdames , de ce qui vous est arrivé par
rapporJt aux diamans de milady 'Mais
voici lady Sincère : point de complîmens, mesdames ; asseyez-vous tout de suite , ma chère, et n'interrompons point la leçon ; lorsqu'dle sera finie , vous ferez (Connaissance avec ces dames«
Qu'est-ce qui est arrivé , ma Bonne , . par rapport aux diamans de milady ?
Lady Mary , racontez à ces dames ce ^i nous est arrivé , il y a quelques années , au sujet de ces diam,ans , mais ne leur dites pas la conclusion de la petite tromperie que je leur fis*
DES JLDOIiSSCEKTES. g5
liADY MARY.
Ma Bonne fut chercher les dîamans de milady, et nous avertît qu'il y eu avait de vrais^i de fauxj ensuite elle nous donna permissîoa d'en choisir chacune un. Permettez , ma Bonne , que je demande à ces dames ce qu'elles eussent fait,
MISS SOPHIE
J^aurais d'abord examiné ces diamaos pour les distinguer et connaître les vrais, et ensuite j'aurais choisi le plus beau.
MISS CHAMPETRE.
Tai entenàB. dire qu'il y a des dîamans faux qui paraissent plus brillans que des diamans réels ; nous ne nous y connais^^ sons pas , mesdames ; n'aurait-il pas été plus prudent de prie/ ma Bonne de choi^ ^ir pour nous ?
MABEM. BONNE,.
Voilà précisément ce que fit lady Sensée j elle me pria de choisir pour elle,
XADY SPIRITUEIiliE.
Pour moi y mesdames , )e fus attri^e
comme uae sotte , je choisis tout de tra-* vers. Miss Champêtre a mille fois plus de bon sens que moi , quoiqu'elle ne fasse pas tant de bruit«
MAPEH. BONNE.
Oui , ma petite philosophe a parlé de bon sens ; dites-moi ^ ma chère ^ avez- Tous agi par le passé conséquemment à ce que vous pensez aujourd'hui? Je yeux faire l'anatomie de votre cœur. Etes-yous fort riche y ma chère enfant ?
MISS CHAMPÊTRE
'Je crois que oui , ma Bonne ; j'aurai cinq mille pièces , et il peut arriver un événement qui me donnerait encore six mille pièces.
MISS SOPHIE
En ce cas , vous ne seriez pas fort pauvre} mais pourtant 'vous ne seriez pas riche : savez -vous bien , mademoiselle , que cinq mille pièces ne font que deux cents livres de rente : qu'est - ce qu'une dame de qualité peut faire avec cela ?
MISS CHAMPÊTRE
Elle peut être nourrie , vêtue , logée : que JLui faut^il davantage ?
BBS ADOtilESCEKTES, 97
Un carrosse, de l'argent pour payer «es domestîqaes , pour faire des charités ^t satisfaire sei; fantaisies.
MISS CHAMPÊTRE
Je vous prie , madame , dites - moi , i^and on a de bonnes jambes ^ a - 1 - on besoin d'up carrosse? Une seide femme ne suffit-èHe pas potiï^e servir ? S je «ne puis donner d'argent aux paiwres , ne suîs-^e pas en état de leur rendre beaucoup de services ? Par rapport aux faor taisies , si je n^en ai pas, je A^aurai pas besoin de les satisfaire.