I.ADT SINCÈRE
Peut-on ^vjce sans fantaisies? je crois que je m'ennuierais à la mort ,. si je n'en avais pas. J^ vous avoue , mesdames^ crue juscpi^à présent je n'ai pas été la maîtresse de les satisfaire j mais en récompense, je me suis amusée .à en avoir 4ix mille , trente mâle , ^t plus encore.
MADEM. BONNE
•Quel dommage que le tems ne nous fiermette pas de continuer cette couver- I. 5
98 !«£ MAOA8IN
sation. Ladjr Sincère et miss Champêtre
sont précisément les antipodes l'une de
Pautre ; leur /dispute ^ nons/ * alnùsérait
•beaucf)up ; ce ^èya pour une âùtire ' fois.
MISS BEIiLOTTE.
Avant de nous (quitter 1 ma Bomne, donnez-moi , s'il vous .pjaît , rexpUcatioa de quelques mots <jue je n'entends pas. Qu'est-ce que faire l'anatomie duccpiir d'une personne ? Que yeut dire celte expression, jtes.dam^es spat les anûpbdes l'une del'autrfî ? ,. , ' ,
Faire l'anatomie est un mot ouï sîfimifie examiner toutes les'pàrtî'ès d'un sujet avec grand sôînf^ Les- feWrtï*gîens ^ -par exemple ,« pSreHfnfeht tin - ti Wps 'ihôrt ;» ils Pouvrent^ examinent Itoùt be qùî'èstdâns ce corps > jusqu'aux tecoins lès^^pkis cachés; et cela s^appéMe-ferfe Pâfiétomie d'un corj^s. Je veux de'tiiêmefàûiBiràiMser le cœur de mes écolières , cHerfchfer dAns les coins les plus reoûlésypolir en conosur tre les 'maladies secrètes ^ et . pouvoir y apporte; des remèdes. Le. mot amîpodes
DES ^DOI»ÇS<?£KTES. . 99
l'autre , opposée^ l'pne à Va^ffp.
liADY MARY.
Ma Bmne , ^pourquoi ave^vous £i{^elé madcpooQisQUci Ch^i{ipéu:eiyo)trep0lite|)hi* iasophe l Je vCi;oyfds <]u'iL i^'y ayfiit -que les hqmp^s qm^M^s^oi pbflasophes?
MABBM. BONNE.
Ge9t icpt/à rVQuâ D/'emteiidez :pas ce que vettt dk^ oe /i^ot , ^ ma di^re^ U ^y a-deux moites „de pl^osopbie iqtCU né faut pas confoztdre. j<^i|(^fpi$. on i^pelait .phi-* iosppb^I^es gens qui s'appliquai^t h cotmBJi^t le cours des autres , à péuetrer «dans les -secrets, de. la ûauire. , Cette étadc: ]|^0rftit plus propre aux hoiames <fa*avai persow^ du ;$es:e ; -iB^is im homme de notre ccmnaîssance s'avisa de dire qu'il y avait trop lông-tems qu'elle ^emeuRiit . 4ans Ic; ciel ^et .qu^iL .Malt lafâire^désoeudresurlaterre^Çet homige était- So^^ç , 4:^ ; philQSçiplie ^ qui t jav^it up^'Slm&liilftt^.femme^ Ui^useîgaa^^opc uue nwttîlle |>lulo§<^hie, ^qui coi^ist^it à saTOÎr; ies woyeffi 4'êire: heurey* :>il
lOO I^E MAGASIN
prouTa par de bonnes raisons , que ces moyens ccxisistaient à vaincre ses pas^ sions, et à devenii: faisoiinable. Cette science que Soerate enseignait , s^appelle la philosophie morale , et vous voye?
bien , mes enfans , qu^eUe convient aux dames aussi bien qu^aux hommes : pr , la première disposition nécessaire pour ap^ prendre la philosophie ^ e;st de beaucoup réfléchir, Ce n'est que faute de r^ flexions qu'on dit que les richesses et la santé valent mieux que }a pauvreté et les maladies. J'ai donc eu f aispn d'appeler miss Champêtre ma pe|i|;e pbilosok phe , puisqu'elle avait réfléchi sur k danger de choisir dans une pif ose qu'elle ne connaissait pas» J^ai jugé qu^elle avait la première disposition nécessaire pouf apprendre lia philosophie^
ip^ADY yipZiEIfTB.
Nos goûts ne se ressemblent pas , ma ^onne : vous dites 'que la vieille philo? Sophie ne conyient pas aux dames , et je l'aime beaiicoup. J'ai lu un ouvrage (le FonteneUe , qui m'a donné un gran4 ^c^if d'apprendre rastropomiç^
Ëh bieû^ nia thète^ nous Pétudîeronil ëiiséiîiUe y et ensuite li6us fèroiis del âlmanac^hs i Cela seta durieut*
LabY ViôJuisjbï'fE*
En vérité , je croîi^ que VoUs tous mot qaez de moi*
Noii assurément , ma chère , je res« pecte le désir de savoir , cplel qu'il soit J je suis même {letsuadée que vous avei& assez d'esprit pour réussir dans cettd étude y mais«.«««
IiADlr VIOLENTÉ*
On voit bien que vous êtes française | car vous me flattez.
MABEM. BONNE*
Je ne cherche point à vous faire un compliment , madame ; croyez-vou3 que ce soit vous louer que de dire que vous avex beaucoup d'esprit ? Je ne pense pas comme cela* Je fais si peu de cas de l'esprit j que si tout celui du monde était rassemblé dans un tas à mes pieds , je n9
daignerais pasiii^ibai^ser petur le ramas-' ser , au lieu que je ferais mille lieues pour attraper uu p^u de bon sens. Je n'ai donc point prétendu VQU$ louer pour votre esprit; mais à présent^ je vais vous donner untîïônirti^efcfoûtjèjpre tends bien qiie vous soyjearflattiée;) c'est' que je suîô persuadée que vous ferez un très -bon usage de Votre esprit ; et qu'êçrès avoir beaucoup étudié et pratiqué la philoso][iliiè déf^SbdratëVVdtis sefeis eii état d^étudiW^ ccfllè dés anciens' qui avaient précède ;ncittè ' pbilbsbpbie; Oui, ma chèrfe l "WMs êtes' capable; de tout , si Yot» parvenez une fois à vous vaincre 'votas^* même, et le coeiu> tfte dit' qile vous y parviendrez.. > Je gagerais: presque que vous ferez la meilleure et là plus savante femme du monde ; mais il faut commencer par devenir très-bônné, et ensuite^ tidus travaillerons etisemble- à d^vetiûr très-savantesV
liADY liOUISK
• Il faut que 'je tous fasse- k confb^ssion d'une trèSr-gt»andb sottîisé que j'rai faite tt y a quatre jôilffs.- Otî me dît qu'une
DES AJ>0IiESCENTE8. lo3
dame: de ma caonaissânce était allée entendre une léccnre de philosophie j je me moquai impitoyablement de cette dame , et je la tournai en ridicule. Je Pétais bien nioirttiéme y dç juger d^ œ. que je. ne <!0i9iaissai$ que de nom. J?eh suis bien honteuse j et loin de regardiçr l'étude de la pljiijçaophie comme un travers d'esprit^ je/veu;i: m'y appliquer , si vous voulez bien, avoir la toute: de m'aidpr dans cette étude.
MAnEM* BOKNE.
Vous vous CQndainmg2( eu fUli^ de bon.
sens \ et je vous dirai ce que je pfmsQ en cette occasion ; mais comme cela pourrait ennuyer uos jeuues dames , et qu'il y a long-tgiaîL qH!41es sont ici , je crois qu'il vaut mieux remettre cela à la première fois. Venez me voir demain matin ^ ma chère y^ uos enfans n'y seront pas , cela vaudra mieux.
liADY MARY.
Vous me défendez donc de venir ?
MAPEM. BOKKE.
Je ue vous le défends pas , ma chère , Uiai3 je vous conseille de rester chez vous,
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Yous VOUS ennuierez suremeot ; cela est trop sérieux pour votre âge.
IiADT MABY.
Ma Bonne oublie toujours que j'ai bientôt huit ans , que je meurs d'envie d'apprendre aussi bien que toutes ces dames.
KABEM. BONNE.
Eh bien, mes enfans, je vous laisse les maîtresses de faire tout ce que vous voudrez, à condition que vous irez jouer au moment que cela ne vous amusera pas , ce sera du moins une récréation pour vous.
to£S ADOLESCENTES. lo5